À travers un accompagnement ciblé, le programme ACMA3 a permis à 13 entrepreneurs agricoles de saisir de réelles opportunités d’accès au marché lors de la FORA Pôle 4. Entre formation, mise en réseau, amélioration du packaging et visibilité digitale, ces acteurs ont renforcé leur capacité à intégrer des circuits de distribution régionaux et internationaux.
Du 11 au 17 août 2025, l’esplanade TP de Savalou a vibré au rythme de la Foire Régionale Agro-Pastorale du Pôle 4 (FORA Pôle 4). Événement majeur de l’agenda agricole béninois, la FORA a connecté des producteurs, transformateurs, commerçants et institutions autour d’un objectif commun : renforcer les chaînes de valeur locales et créer des opportunités de marché. Pendant six jours, 108 forains ont exposé leurs produits agricoles, que sont venus voir au moins 2 350 visiteurs béninois et étrangers. Cette foire a connu le soutien de plusieurs projets et programmes, dont le programme Approche Communale pour le Marché Agricole phase 3 (ACMA3).
Le programme ACMA3, financé par le Royaume des Pays-Bas, a accompagné 13 acteurs économiques à cette édition. Ceci pour leur permettre d’accroître leur visibilité, de décrocher de nouveaux partenariats et d’améliorer leur positionnement sur le marché régional. « Mon objectif à la FORA, c’était de sonder le marché de Savalou et trouver des grossistes pour mes produits », a déclaré Laurette Dossou-Yovo, promotrice des établissements Laura & Fils. La vision n’était pas forcément de vendre. « C’est pour apprendre, se connecter, s’améliorer. Et ACMA nous y prépare très bien », a souligné Kawitouwan Nannako, présidente du groupement Tcheunkan, qui est transformatrice de produits maraîchers, notamment du piment en poudre aux épices.
Une approche intégrée au service des entrepreneurs
En 2024, le programme ACMA3 a organisé un total de 3 308 événements, dont 1 415 étaient des sessions de formation, représentant ainsi 43 % de l’ensemble des activités mises en œuvre. Ces formations ont permis de toucher, de manière directe et indirecte, 74 876 acteurs du secteur agricole, dont 46 214 hommes et 28 672 femmes.
Au cours des sessions de formations, les bénéficiaires ont reçu un appui complet : formation à la vente, coaching sur la présentation des produits, la négociation. À tout cela s’ajoute la mise à disposition de stands bien aménagés. « Pendant sa deuxième phase, ACMA nous a aidés à améliorer nos packagings, les emballages de nos produits. Par exemple, on était à Savalou, au niveau d’un groupement, qui fait le soja. Donc ACMA nous a amenés là-bas pour voir comment les autres le font, et pour pouvoir améliorer ce que nous faisons déjà », a souligné la transformatrice de soja, Dalhia Amonsou, promotrice de Dialana-Agro.
De plus, les forains ont bénéficié de formations sur le marketing digital, la création de contenu sur les réseaux sociaux et le design graphique via Canva, pour ne citer que ceux-là. « Ces formations m’ont permis de réaliser des affiches que j’ai collées sur ma table d’exposition et au mur. C’est moi-même qui les ai réalisées et ça a permis de réduire les coûts liés à ces charges-là. ACMA3 m’a même permis de positionner mon entreprise sur Google Maps », a confirmé Félix Magbondji, promoteur du Centre d’Innovations Agricole et de Prestataire de Services (CIAPS-Bénin).
L’expérience de ce dernier est enrichissante, d’autant plus qu’il sait désormais quel contenu est adapté à son public sur les réseaux sociaux. « À travers une publication Facebook, j’ai pu vendre mes produits en Guinée cette année. C’est une publication que j’avais faite. Des personnes l’ont vue, m’ont contactée, et comme elles avaient une correspondance au Bénin, celle-ci leur a ensuite envoyé le produit », a ajouté Félix.
De Djougou à Savalou, l’ambition d’un marché élargi
Laurette Dossou-Yovo est la promotrice des établissements Laura & Fils, basés à Djougou et spécialisés dans la fabrication de provende granulée pour volaille et petits ruminants ainsi que la vente de matériel d’élevage. Au-delà des formations, grâce à ACMA3, elle a participé à du réseautage B to B et investi dans du matériel de conditionnement (machine de scellage, étiquettes, emballages 1 kg). « Le fait de proposer la provende en granulés plutôt qu’en farine, ça a été un tournant commercial. J’ai aussi compris l’intérêt du conditionnement en petites doses, plus accessibles pour les petits éleveurs », ajoute-t-elle. Résultat : son chiffre d’affaires a dépassé les 200 000 FCFA en juillet 2025 rien qu’avec la provende. Elle dispose désormais d’une meilleure traçabilité client, grâce aux contacts affichés sur les nouveaux emballages.
Kawitouwan : du piment artisanal au produit exportable grâce au packaging
« Avant ACMA2, on utilisait des bouteilles de sérum recyclées », a expliqué Kawitouwan Nannako. Mais depuis, Tcheunkan a connu une véritable transformation de son image de marque par une formation sur les bonnes pratiques de transformation et d’hygiène. Ce changement a été déterminant : depuis sa première participation en 2019 à la foire de l’indépendance à Cotonou, elle a totalement abandonné l’usage des emballages recyclés. « ACMA m’a permis de découvrir l’importance de l’emballage. Depuis, j’achète des bouteilles en plastique convenables moi-même à Sèmè, et je contrôle toute la chaîne. »
La conséquence a été que des commandes viennent de l’international, principalement depuis la France, grâce à la présentation professionnelle. Tcheunkan a aussi acquis une autonomie commerciale et une stratégie de promotion via WhatsApp Business et le marketing digital.
L’ensemble des bénéficiaires saluent l’approche d’ACMA3. La FORA Pôle 4 a été plus qu’un événement : il a été un tremplin économique pour ces 13 entrepreneurs qui ont vendu et élargi leur carnet d’adresse. Grâce à l’appui du programme, des petits producteurs deviennent des fournisseurs fiables, des femmes entrepreneures prennent confiance en leur potentiel et des synergies locales se créent durablement. « L’accompagnement, ce n’est pas nécessairement en termes financiers. Mais quand on vous apprend à pêcher vous-même, vous vous dites que vous devez réaliser un défi », a conclu Laurette Dossou-Yovo.
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