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Palmier à huile : une interprofession officiellement créée, Arouna Lawani élu président

Après une assemblée générale constitutive organisée le 20 janvier lançant les tractations, les acteurs de la filière palmier à huile du Bénin ont officiellement mis en place l’Association Interprofessionnelle Palmier à Huile (AIPH) ce 29 avril 2025. À l’issue de ce processus conduit de main de maître par la Chambre Nationale d’Agriculture, Arouna Lawani a été élu président de l’interprofession.

La filière palmier à huile représente une véritable richesse pour l’agriculture béninoise, comme en témoignent les performances en nette amélioration de 2022 à 2023. La production de noix de palme s’est améliorée de 6,2 %, passant de 855 456 tonnes. De même, la production d’huile de palme a enregistré une augmentation significative, passant de 130 765 tonnes en 2022 à 212 902 tonnes en 2023, soit une hausse de 63 %. En ce qui concerne la production d’huile de palmiste, un bond spectaculaire a été observé : de 1 776 tonnes en 2022, sa production a atteint 21 431 tonnes en 2023.

Ces résultats montrent le dynamisme d’une filière qui fait vivre des milliers de familles, stimule l’économie locale et joue un rôle clé dans l’autosuffisance alimentaire ainsi que dans l’essor de l’industrie agroalimentaire. Cependant, malgré ces progrès, la filière reste confrontée à plusieurs défis « qui impactent négativement les moyens de production, de transformation et de commercialisation des dérivés de ses produits agricoles… Et pour y arriver, nous ne devons pas rater le diagnostic du secteur, tant au niveau des acteurs qui le composent qu’au niveau du circuit de commercialisation de tous les dérivés de ce produit », a précisé Isdeen Bouraïma, représentant de la ministre de l’Industrie et du Commerce.

C’est dans ce cadre que l’organisation de l’interprofession du palmier à huile devient indispensable. « Si sans l’interprofession, on est arrivé à ces résultats sur le palmier à huile, je pense et je souhaite qu’avec l’interprofession, les résultats que nous aurons soient plus importants quantitativement et qualitativement », a déclaré Armand Togbé, représentant du ministre de l’Agriculture.

Pourquoi une interprofession pour le palmier à huile?

L’interprofession vise à structurer et organiser les producteurs et les transformateurs de la filière afin qu’ils puissent mieux défendre leurs intérêts communs, optimiser la production et la transformation, et améliorer la compétitivité de l’ensemble du secteur. La CNAB accompagne les acteurs de cette filière depuis 2022 dans sa réorganisation, avec pour objectif la mise en place de cette interprofession. Selon Hermann Imali Djetta, président de la Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin, le rôle de l’interprofession « sera déterminant pour structurer davantage la filière, fédérer les acteurs et instaurer un cadre propice à la fixation des prix, à la compétitivité et à la croissance durable. »

« L’avenir du palmier à huile béninois est entre nos mains », s’est exprimée la présidente de l’assemblée générale, Abiba Omar Moussa Abdoulaye. Les producteurs et les transformateurs sont invités au consensus et au sacrifice pour le rayonnement de l’interprofession. Ainsi, cette interprofession permettra de répondre aux enjeux actuels du secteur et d’ouvrir la voie à une nouvelle ère de développement pour le palmier à huile au Bénin.

Au cours de la rencontre du 29 avril 2025, les acteurs ont procédé à la lecture et à la validation des textes de l’AIPH, puis à la mise en place du conseil d’administration et de celui de surveillance (CS). Au terme des votes, Arouna Lawani a été élu pour diriger l’interprofession et Carin Dognon, président du CS.

Modernisation, financement et durabilité au cœur de la feuille de route

Le Président Lawani se dit conscient des défis qui se posent à l’interprofession et promet de travailler avec toutes les familles d’acteurs afin d’asseoir durablement la filière en vue de son développement. Il compte œuvrer avec tous à la modernisation des infrastructures, à l’accès facilité au financement, à la formation continue des acteurs et à la promotion des pratiques durables.

Arouna LAWANI, Président de l’AIPH

« Nous sommes conscients que la réussite de cet engagement ne repose pas uniquement sur nos épaules. Elle nécessite une coopération active, un accompagnement soutenu de nos autorités étatiques et de nos partenaires techniques et financiers. Un appui institutionnel, technique et financier bien structuré est indispensable pour favoriser l’innovation, optimiser nos rendements et garantir une meilleure compétitivité sur les marchés national, régional et international. Nous devons également encourager une synergie forte entre tous les acteurs de la chaîne de valeur : producteurs, transformateurs, distributeurs, chercheurs et décideurs politiques. Nous devons œuvrer main dans la main pour relever les défis qui se dressent devant nous », a déclaré le président de l’AIPH.

Prochaine étape : la signature de l’accord-cadre avec le gouvernement pour pouvoir bénéficier des appuis de ce dernier. Comme l’a rappelé le représentant de la ministre de l’Industrie, la création d’une nouvelle famille d’acteurs de commercialisation du palmier à huile et ses dérivées est envisagée. Désormais, le développement agricole est sur la bonne voie, car le Bénin peut se féliciter d’avoir restructuré les filières coton, anacarde, soja et palmier à huile.

Auriol HOUDEGBE

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