La deuxième journée du Salon mondial de l’agroécologie (SMAE), qui se tient à San Pedro, a mis en lumière des solutions concrètes pour relever les défis agricoles en Afrique. Entre valorisation des savoirs locaux, innovations numériques et pratiques culturales durables, chercheurs et praticiens ont partagé des approches visant à améliorer la productivité tout en préservant les ressources naturelles.
Parmi les communications, plusieurs interventions ont porté sur la réduction de l’impact environnemental des pratiques agricoles. Dans la culture du concombre, des alternatives au bois traditionnellement utilisé pour le tuteurage ont été proposées, notamment l’usage de ficelles, permettant de limiter la pression sur les ressources forestières. Les échanges ont également mis en lumière l’importance des amendements organiques. L’utilisation de déchets issus de l’élevage porcin a été identifiée comme une option efficace pour améliorer la fertilité des sols et accroître les rendements.

Savoirs endogènes et lecture locale des sols
L’ethnobiologie a également occupé une place importante dans les discussions. Des travaux menés en Côte d’Ivoire, notamment auprès de certaines communautés locales, montrent que les producteurs disposent de systèmes traditionnels de classification des sols. Ces savoirs permettent d’évaluer la richesse ou la pauvreté des terres en éléments minéraux, offrant ainsi des outils d’aide à la décision adaptés aux réalités locales.
Vers une meilleure connexion entre producteurs et consommateurs
Un autre axe majeur a concerné les dynamiques de collaboration entre acteurs agricoles. Des expériences de partenariats entre producteurs et consommateurs ont été présentées, mettant en évidence le rôle du marché dans l’amélioration des pratiques. À travers leurs retours, les consommateurs influencent la qualité des productions et encouragent l’adoption de pratiques agroécologiques.
Le numérique au service de l’agroécologie
La question de l’accès à l’information a également été soulevée. Plusieurs participants ont insisté sur le manque de plateformes centralisées permettant de capitaliser et de diffuser les connaissances agroécologiques. Dans ce contexte, un projet d’application numérique a été présenté : SOLAB. L’outil vise à accompagner les agriculteurs dans leurs choix de cultures, en intégrant des données sur les sols, le climat et les rendements. Il permettra notamment de simuler différentes combinaisons culturales afin d’optimiser la fertilité des sols, réduire l’usage des intrants chimiques et améliorer la productivité. À terme, cette solution ambitionne également de proposer un espace communautaire d’échange de bonnes pratiques et une plateforme de commercialisation dédiée aux produits issus de l’agroécologie.
L’agroécologie comme réponse à la déforestation
Des expériences de terrain ont également été partagées, notamment en République démocratique du Congo, où des pratiques agroécologiques ont permis de lutter contre la déforestation. Dans certaines zones, l’agriculture itinérante sur brûlis, principale cause de destruction des forêts, a été progressivement remplacée par des systèmes agricoles plus durables.
L’introduction de techniques comme l’agriculture en couloirs, associant cultures vivrières et plantes fertilisantes, a permis d’améliorer les rendements tout en favorisant la sédentarisation des producteurs. Les résultats observés montrent une hausse significative de la production de maïs et une réduction de la pression sur les ressources forestières.
Une transition encore freinée par des défis structurels
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles subsistent. L’adoption des pratiques agroécologiques reste parfois limitée par des facteurs sociaux et politiques, ainsi que par un manque d’accompagnement et de diffusion des connaissances.
Les intervenants ont ainsi recommandé un renforcement des actions de sensibilisation, une meilleure implic9ation des institutions publiques et la mise en place de dispositifs accessibles aux producteurs pour faciliter la transition. Au terme de cette deuxième journée, un constat s’impose : l’agroécologie suscite un intérêt croissant et propose des solutions concrètes aux défis agricoles du continent. Toutefois, la réussite de cette transition dépendra de la capacité des acteurs à structurer, partager et diffuser les connaissances, tout en accompagnant efficacement les producteurs sur le terrain.
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