Pour réduire sa dépendance au riz importé qui pèse lourdement sur son économie, la Côte d’Ivoire mise désormais sur la maîtrise de l’eau et le déploiement de neuf agropoles.
Important près d’1 milliard de dollars de riz par an, la filière rizicole ivoirienne ne cesse de préoccuper les autorités en raison d’une demande intérieure en hausse constante. Cette situation maintient un déficit structurel de la filière rizicole, selon Bruno Koné, ministre ivoirien de l’agriculture, le 9 avril 2026 à Abidjan lors de la 8ᵉ Conférence annuelle du Réseau international des agences de promotion des investissements (RIAFPI).
Pour inverser cette tendance, l’État accélère la modernisation de la production agricole. L’accent est mis sur l’irrigation afin de sécuriser les récoltes et d’augmenter les rendements. Cette orientation vise à permettre plusieurs cycles de production sur les mêmes surfaces, en remplacement de l’agriculture pluviale dominante. Le coût d’aménagement d’un hectare irrigué, estimé entre 30 et 45 millions de FCFA, est jugé élevé mais rentable à long terme.
Dans le même temps, la production vivrière a progressé de 8,4 % en deux ans pour atteindre 25 millions de tonnes en 2025. Le gouvernement ambitionne une hausse de 38 % en 2026 pour le riz paddy, soit environ 3 millions de tonnes. Malgré cette dynamique, l’offre reste encore inférieure à la demande nationale.
Dans ce contexte, cette stratégie s’appuie également sur la mise en œuvre de neuf agropoles répartis sur le territoire. Trois sont déjà opérationnels dans le Centre, le Nord et le Nord-Est, grâce à l’appui de bailleurs de fonds internationaux. « l’agropole du Centre est déjà opérationnel, l’agropole du Nord est en construction et celle du Nord-Est également » a précisé Bruno Koné, ministre de l’agriculture ivoirien . Les six autres restent à financer, pour un besoin estimé entre 150 et 200 milliards de FCFA par site, soit plus de 1 000 milliards de FCFA au total.
Par ailleurs, les autorités comptent sur la mobilisation des investissements étrangers à travers les agences de promotion des investissements de l’espace francophone pour accélérer la transformation du secteur agricole et garantir la sécurité alimentaire.
Le pays développe également des initiatives de diversification, notamment la valorisation des résidus agricoles pour produire de l’énergie et des biocarburants à partir du cacao, de l’hévéa, du palmier et de l’anacarde.
Le gouvernement entend également s’appuyer sur des partenariats agricoles internationaux, notamment un accord signé en décembre 2025 avec le Gabon, qui met à disposition 45 000 hectares de terres destinées aux opérateurs ivoiriens pour renforcer la production agricole régionale.
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