Le Togo a lancé, le 2 octobre 2026 à Kara, la campagne de commercialisation du karité 2026-2027, en privilégiant l’approvisionnement des unités locales de transformation avant l’exportation des excédents.
Cette orientation vise à garantir aux industriels nationaux l’accès à la matière première et à renforcer la transformation locale. Pour concrétiser cette priorité, les acteurs du Conseil interprofessionnel de la filière karité du Togo (CIFKAT) ont signé un accord prévoyant une période moratoire. Ainsi, les transformateurs locaux pourront couvrir leurs besoins avant que les volumes excédentaires soient orientés vers les marchés extérieurs. Présidée par Talime Abe, directeur général du Commerce au ministère de l’Économie et de la Veille stratégique, la cérémonie de lancement a également permis de définir des mesures d’encadrement de la filière. Pour la campagne 2026-2027, le prix plancher d’achat est fixé à 300 FCFA le kilogramme bord champ.
En outre, le dispositif prévoit la traçabilité des paiements, une contribution interprofessionnelle destinée à soutenir la structuration de la filière, ainsi que des actions de contrôle qualité et de formation. Cette organisation répond à un enjeu d’approvisionnement. En effet, la production nationale est estimée à environ 45 000 tonnes de noix brutes par an, tandis que les besoins des unités locales atteignent 31 000 tonnes. Au-delà de la disponibilité des noix, les professionnels souhaitent également améliorer les pratiques commerciales, faciliter l’accès au financement et moderniser les équipements de transformation afin d’améliorer la qualité des produits.
Par ailleurs, cette priorité accordée aux transformateurs s’inscrit dans la politique nationale de promotion de la transformation agricole. Depuis le 1er janvier 2026, une taxe à l’exportation frappe les noix de cajou, les graines de soja et les noix de karité, conformément à la loi de finances 2026. Cette mesure vise à encourager la transformation sur le territoire national plutôt que l’exportation des produits à l’état brut.
Dans la continuité de cette politique, les autorités avaient déjà suspendu temporairement, en mars 2025, les exportations de noix et d’amandes de karité pour faciliter l’approvisionnement des unités locales, régulièrement confrontées à des difficultés d’accès à la matière première. Le nouveau dispositif entend donc mieux concilier les besoins des transformateurs et les débouchés extérieurs, tout en favorisant la création de valeur ajoutée au Togo.
Morel GOUKOUE
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