Un an après une première édition consacrée à la découverte et à la sensibilisation, Africa Bamboo Expo passe désormais à l’étape supérieure. La deuxième édition, ouverte le 16 septembre 2026 à Cotonou, à l’occasion de la Journée Mondiale du Bambou, met la formation pratique, la production de plants et la transformation au cœur des échanges.
Le bambou ne veut plus seulement être présenté comme une ressource aux multiples usages. Au Bénin, ses promoteurs entendent désormais commencer à construire la filière autour de cette plante. C’est le principal message de l’édition 2026 de l’Africa Bamboo Expo. « Pour cette deuxième édition, nous voulons aller de la sensibilisation à l’action », a expliqué Kadirath Ahlin, présidente du comité d’organisation.
Produire davantage de plants de qualité
Cette nouvelle orientation se traduit par la concrétisation de plusieurs initiatives. Le premier chantier concerne la production. Des pépiniéristes seront formés aux méthodes de propagation du bambou. Un choix qui répond à une contrainte centrale pour le développement d’une filière. Celle de disposer de plants de qualité en quantité suffisante. « Le développement d’une filière durable passe nécessairement par une meilleure maîtrise de la production des plants et par la disponibilité d’un matériel végétal de qualité », a souligné la Direction Générale des Eaux, Forêts et Chasse (DGEFC).
En outre, cette édition veut également déplacer le regard vers l’aval de la chaîne. Une formation pratique est consacrée au bambou lamellé-collé, une technique qui ouvre des perspectives dans la transformation de la ressource. Construction, ameublement, artisanat et objets de consommation figurent parmi les possibilités évoquées. Boucles d’oreilles, bagues, bijoux, accessoires ou objets décoratifs peuvent ainsi être fabriqués à partir du bambou.
Mais derrière cette diversité d’usages se pose surtout la question de la création de valeur. « Il ne suffit pas de planter le bambou. Il faut aussi savoir le transformer, le valoriser et créer de la valeur à partir de cette ressource », a insisté Kadirath Ahlin. Le défi est donc désormais de faire émerger une chaîne de valeur allant de la production des plants jusqu’à la commercialisation des produits transformés.
La DGEFC voit aussi un enjeu forestier
Pour l’administration forestière, l’intérêt du bambou dépasse ses possibilités commerciales. La DGEFC met également en avant son potentiel dans la restauration des terres, la préservation des ressources forestières et la recherche de solutions durables. Production, transformation, qualité, marchés, recherche, formation et organisation des acteurs doivent avancer ensemble pour qu’une véritable filière puisse émerger. Cette position traduit également une évolution dans l’accompagnement institutionnel. Selon les organisateurs, le bambou est désormais pris en compte comme cible dans le document de la Stratégie et Plan d’Actions nationaux pour la Biodiversité (SPANB). Une avancée saluée lors de la rencontre qui prendra fin le 19 septembre 2026.
Un marché à construire
Producteurs, pépiniéristes, artisans, chercheurs, entrepreneurs, investisseurs, institutions et partenaires techniques sont appelés à travailler ensemble. « Notre plaidoyer est donc simple : unissons nos efforts pour structurer cette filière, renforcer les compétences, développer la transformation, créer des débouchés », a lancé la présidente du comité d’organisation. L’ambition affichée est de faire du bambou une ressource économique capable de générer des emplois et des revenus, tout en participant aux objectifs de restauration des écosystèmes et de préservation de l’environnement.
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