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Afrique : Des journalistes agricoles explorent les usages de l’intelligence artificielle au Togo

Le Réseau des journalistes pour la promotion des systèmes agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel (ReJPAH-AOS) réunit, du 26 au 27 août 2026 à Lomé, au Togo, des journalistes agricoles venus de 17 pays autour du thème « L’information agricole à l’ère de l’intelligence artificielle ». La rencontre vise à renforcer leurs capacités face aux nouveaux usages de l’IA dans le journalisme.

Recherche d’informations, transcription, traduction, traitement de données ou production de contenus, l’intelligence artificielle offre de nouvelles possibilités aux professionnels des médias. Dans les rédactions agricoles, son utilisation soulève toutefois une question essentielle. Comment tirer parti de ces outils sans compromettre la qualité, la vérification et la responsabilité qui accompagnent le travail journalistique ? À Lomé, les participants tentent d’apporter des réponses à cette nouvelle réalité professionnelle.

De l’information agricole à l’action

Pour Gilles Podjoley, président du ReJPAH-AOS, aucune transformation durable du secteur agricole ne peut se faire sans une information de qualité. Le journaliste agricole doit être à la fois un médiateur du savoir et un acteur du développement. L’arrivée de l’intelligence artificielle ne change pas cette mission, mais invite les professionnels à adapter leurs méthodes de travail.

Les outils d’IA peuvent notamment permettre de gagner du temps, d’explorer des données ou de faciliter certaines tâches. Leur utilisation exige toutefois que le journaliste conserve la maîtrise de son travail et de ses choix éditoriaux. « Nous sommes convaincus qu’à cette ère de l’intelligence artificielle, le journalisme ne doit pas seulement raconter ce qui se passe dans le monde rural. Il doit contribuer à transformer ce monde en mettant la connaissance au service de l’action », a affirmé Gilles Podjoley.

Pour Adrian Bell, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes agricoles (IFAJ), cette ambition passe également par le renforcement des capacités des journalistes, un meilleur accès aux ressources et une implication accrue dans les initiatives de développement agricole. Dans un environnement médiatique en pleine mutation, ces leviers doivent permettre aux professionnels de mieux répondre aux besoins d’information du monde rural.

L’IA, un outil sous responsabilité humaine

À l’ouverture de la formation, le représentant de la ministre togolaise de la Communication, Antoine Afanou, a appelé les journalistes à considérer l’intelligence artificielle comme un outil au service de leur métier. « L’intelligence artificielle ne remplacera pas les agriculteurs et elle ne remplacera pas davantage les journalistes », a-t-il souligné.

Pour lui, la question n’est plus de savoir si les journalistes utiliseront l’IA, mais de déterminer dans quelles conditions ils doivent le faire. Esprit critique, maîtrise des outils et respect des règles professionnelles restent ainsi essentiels. Cette exigence prend une importance particulière dans le journalisme agricole. Les informations diffusées peuvent concerner directement les producteurs, les consommateurs, les décideurs ou encore les politiques publiques. Une donnée erronée sur une technique agricole, un produit phytosanitaire, un médicament vétérinaire ou les effets du changement climatique peut avoir des conséquences concrètes sur le terrain. Les contenus générés ou assistés par l’IA doivent donc être confrontés aux sources, aux faits et aux réalités observées. L’outil peut faciliter certaines étapes du travail, mais l’enquête, l’analyse et la vérification restent du ressort du journaliste.

Des journalistes agricoles à l’école de l’IA

Des mutations numériques au cœur des échanges

Après la cérémonie d’ouverture, les travaux se sont poursuivis avec plusieurs communications consacrées aux transformations numériques qui touchent la société et le secteur agricole. Noël Kokou Tadegno, consultant en communication, a ouvert les échanges avec une présentation sur « L’intelligence artificielle et son impact dans la société actuelle ». Les participants ont ensuite abordé « La digitalisation dans le commerce transfrontalier des produits alimentaires agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest », suivie d’une discussion avec l’AOCTAH. Une autre communication a porté sur « La transformation des systèmes agricoles et alimentaires à l’ère du numérique », avec des interventions de la GIZ et de FO Hub. À travers cette formation, le ReJPAH-AOS et l’IFAJ entendent permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les possibilités offertes par l’intelligence artificielle, mais aussi ses limites.

Auriol HOUDEGBE

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