Face à la menace croissante des pratiques agricoles conventionnelles sur les systèmes alimentaires du Bénin, la FAO Bénin avec le soutien de l’Union Européenne et du CIRAD, a commandité une étude d’évaluation des systèmes alimentaires nationaux avec un focus sur le département de l’Atacora. Les résultats de cette étude ont fait l’objet d’un atelier à Cotonou ce 17 mars 2022.
« Assurer la transformation durable et inclusive des systèmes alimentaires au Bénin », c’est le thème autour duquel se sont réunis la centaine d’acteurs agricoles de tous ordres ce jeudi à Cotonou. A l’ouverture de cette réunion, Isaias Obama Oyana, Représentant résident de la Fao au Bénin, a fait remarquer que le passage à un système alimentaire durable constitue pour les pays africains un enjeu important. Et pour cause « les systèmes alimentaires actuels sont à l’origine de 30 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre, ce qui contribue de manière significative aux effets néfastes du changement climatique » a. Il ajoute que l’agriculture telle qu’elle se présente aujourd’hui est responsable à environ 80 % de la perte de la biodiversité et consomme plus de 70 % de toutes les ressources en eau douce disponibles pour l’utilisation humaine. A cette allure, il est évident que la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés sont menacés de disparition avec les habitudes culturales conventionnelles.
C’est d’ailleurs là que se situe le clou de cette réunion qui a permis aux participants de mener des débats décisifs autour des questions de durabilité des systèmes alimentaires du Bénin. L’évaluation qui a prévalu à la rencontre a permis de révéler qu’au Bénin, plus de 809 000 personnes risquent de se retrouver en insécurité alimentaire d’ici mai 2022. Il indique selon Abdoulaye TOKO, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Agriculture, qu’il est urgent de produire de la nourriture, mais aussi de contribuer à des emplois et des moyens de subsistance durables dans un contexte marqué entre autres par la pression environnementale, la baisse de la productivité des sols, les pertes postes récoltes et la volatilité des cours des denrées alimentaires.
La transition agroécologique est indispensable
Afin d’identifier les principales orientations pour assurer la transformation durable et inclusive des systèmes alimentaires au Bénin, la centaine de participants a réfléchi autour de quatre problématiques distinctes. Ainsi, chacune des problématiques a été débattue au sein des groupes de travail constitués pour la circonstance. De manière participative, les débats ont été nourris au sein des groupes dirigés chacun par des experts de la problématique attribuée.
Aux termes des travaux, les leviers identifiés convergent tous vers une conclusion majeure à savoir la transition vers l’agroécologie. Comme le soulignait Ruben Alba Aguilera, Chef de la Coopération de l’UE au Bénin dans ses propos liminaires, « pour répondre aux enjeux de réduction de la pauvreté et d’alimentation des populations en croissance, le secteur agricole n’a clairement pas d’autre choix que de se diversifier et d’élargir sa vision », tout en priorisant des pratiques justes, saines de la ferme à l’assiette. Yécy Peggy Tohinlo, de la Plateforme des Acteurs de la société Civile au Bénin (PASCiB) appuie au sortir des travaux que l’agroécologie permet d’agir sur la qualité de l’aliment, notamment grâce à des choix d’itinéraires de production respectueux de l’écosystème environnemental. À côté, aussi bien les acteurs du secteur public que du secteur privé ont chacune des parts à jouer afin de véritablement enclencher ladite transition.
C’est donc avec plein d’enthousiasme et une direction désormais connue que les participants ont clos les activités de la journée. Les politiques nationales visant à garantir la sécurité alimentaire pourront donc s’élaborer et s’exécuter de manière cohérente pour le bonheur des acteurs agricoles d’une part et pour celui des populations d’autre part.
Méchac AWOKOLOITO



