À l’approche de la campagne de commercialisation 2026-2027, l’Interprofession soja (I-SOJA) entend mieux encadrer la circulation du soja grain et sécuriser l’approvisionnement des industries locales. Ce mercredi 4 novembre 2026, dans la salle de conférence de la Chambre nationale d’agriculture, elle a procédé à la remise des droits d’approvisionnement aux acteurs concernés. Une mesure destinée à garantir l’accès des unités nationales à la matière première, à mieux suivre les transactions et à limiter les sorties frauduleuses de soja vers les pays voisins.
Désormais, les bénéficiaires devront présenter leur droit d’approvisionnement, accompagné du bon de commande délivré à leurs fournisseurs, lors du transport du soja vers les usines. Ce dispositif doit permettre aux agents de la Police républicaine et de la Douane de vérifier la destination des cargaisons et de mieux contrôler la circulation du produit sur le territoire national. « Ce document n’est pas un simple papier c’est le pass officiel qui vous autorise à approvisionner vos usines. C’est la preuve que l’interprofession, conformément à sa mission, vous garantit l’accès au soja grain », a insisté Djibril Afatiti, président de l’interprofession soja (I-Soja). Il s’agit notamment d’éviter que le soja béninois soit acheminé vers les pays voisins alors que les unités locales ont besoin de matière première. Le droit d’approvisionnement constitue ainsi une autorisation officielle permettant aux bénéficiaires de sécuriser leurs achats auprès des fournisseurs.
Cette mesure répond à une préoccupation partagée par les différents maillons de la filière. Du côté des producteurs, la hausse de la production ne se traduit pas toujours par une commercialisation satisfaisante. « La production du soja ne fait qu’augmenter chaque année. Mais après la commercialisation, le bilan est toujours mitigé », a souligné Steev Adjaman, président de l’Union nationale des coopératives de producteurs de soja (UNCPS). Il plaide pour une meilleure collaboration avec les transformateurs et une prise en compte des intérêts des producteurs dans les échanges commerciaux.
Les transformateurs, eux, attendent surtout une disponibilité régulière de la matière première pour faire fonctionner leurs unités. Le président de l’Association Béninoise des Transformateurs de Soja (ABTS), Hippolyte Lokonon, a d’ailleurs rappelé que le nombre d’industries de transformation est passé d’une dizaine à 22. Une évolution qui renforce, selon lui, la nécessité de sécuriser l’approvisionnement des usines et de préserver les emplois liés à la transformation locale. Les droits remis doivent donc contribuer à mieux organiser les achats et à éviter que les besoins des unités nationales ne soient compromis par les sorties du produit.
Les fonctions critiques au cœur du dispositif
Au-delà de la remise des droits, la rencontre a permis à l’Interprofession de présenter aux industriels les réalisations financées grâce à leurs contributions au titre des fonctions critiques. « Ces fonctions critiques ne sont pas une taxe. Elles sont le carburant de notre organisation collective. Elles financent l’augmentation de la production sans laquelle nos usines ne peuvent pas disposer de matières premières de qualité en quantité », a déclaré Djibril Afatiti, président de l’I-Soja. Il a notamment cité plus de 4 milliards de FCFA de crédits de production mis à la disposition des producteurs, plus de 2 milliards de FCFA investis dans les inoculants, ainsi que l’acquisition de 2 000 bascules modernes pour améliorer la transparence et l’équité des opérations de commercialisation. Un accompagnement de proximité est également assuré dans les 61 coopératives communales de producteurs.
Pour Djibril Afatiti, ces fonctions critiques constituent un levier essentiel de l’organisation collective de la filière. Elles contribuent à soutenir la production, à améliorer les rendements et à garantir aux usines une matière première de qualité en quantité suffisante. Cette organisation intervient dans un contexte de progression de la production nationale, passée d’environ 500 000 tonnes en 2024 à plus de 800 000 tonnes pour la campagne 2026-2027. Les prévisions sont estimées à 850 000 tonnes. L’Interprofession entend prioriser l’approvisionnement des unités nationales avant d’organiser l’écoulement du surplus.
LIRE AUSSI Soja au Bénin : l’Interprofession veut se donner une nouvelle boussole



