En vue d’accélérer la digitalisation agricole de ses procédures commerciaux et de mieux répondre aux exigences du commerce international, le Liberia a procédé, le 20 avril 2026, au lancement du système électronique de certification phytosanitaire (e‑Phyto).
Cette réforme vise en priorité à faciliter les exportations agricoles, dans un pays où le secteur représente autour du tiers du produit intérieur brut et constitue une source importante de devises. En modernisant ses outils, le Liberia cherche à réduire les contraintes qui pèsent sur la circulation de ses produits à l’international. En effet, la nouvelle plateforme permet de délivrer, transmettre et authentifier en ligne les certificats phytosanitaires, désormais appelés à remplacer progressivement les documents physiques utilisés jusqu’ici dans les procédures commerciales. Indispensables dans les échanges de produits végétaux, ces certificats servent à attester du respect des normes sanitaires exigées par les pays importateurs, notamment pour limiter les risques liés aux maladies et aux ravageurs.
Pour les autorités, l’introduction de ce système devrait améliorer la fluidité des opérations, en réduisant les délais de traitement aux frontières, en diminuant les coûts administratifs et en renforçant la traçabilité des flux. Cette réforme dépasse le simple cadre technologique et vise à améliorer les services tout en ouvrant davantage les marchés internationaux aux acteurs agricoles libériens. « Il ne s’agit pas seulement d’une amélioration technologique, mais d’un pas audacieux vers plus d’efficacité, de transparence et d’intégration mondiale […] », a déclaré Solomon Hedd‑Williams, vice‑ministre chargé des services techniques au ministère de l’Agriculture.
Le déploiement du dispositif sera progressif, avec une première phase centrée sur des filières d’exportation stratégiques telles que le cacao, le café, le caoutchouc et les produits frais, avant une extension à d’autres segments. Entre 2021 et 2023, le Liberia a exporté en moyenne près de 128 millions de dollars de matières premières agricoles par an, selon les données de la CNUCED, ce qui met en évidence l’enjeu d’une meilleure sécurisation et fluidification des échanges.
Selon ses statistiques en 2024 , les exportations libériennes de marchandises se sont élevées à environ 1,123 milliard de dollars en 2023, contre quelque 283 millions en 2015, ce qui traduit une nette montée en puissance du pays sur les marchés internationaux. Dans cette structure, les produits agricoles et agro‑alimentaires représentent aujourd’hui environ un tiers de l’ensemble des exportations, soulignant la place centrale du secteur dans la balance commerciale et la stratégie de promotion des exportations. Au niveau de la production intérieure, l’agriculture contribue à environ 30 à 36% du PIB et emploie près de 70% de la population active, ce qui confère à la réforme e‑Phyto une portée à la fois économique et sociale, en facilitant l’accès des petits producteurs aux normes internationales.
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