Face à la problématique de renforcement la résilience des exploitations dans un contexte de changement climatique, le programme ACMA3 forme les producteurs à la fabrication de biofertilisants à base de matières organiques disponibles localement.
Dans le cadre de l’opérationnalisation de cette initiative portée par le programme ACMA3 en en partenariat avec Terranauta Africa et Bénin Fertilisant SARL, une série de formations a été organisée au profit de producteurs et d’éleveurs dans plusieurs localités du Borgou, de la Donga et des Collines. Du 15 au 21 décembre 2025 s’est déroulée. , la première étape de cette initiative pratique. Elle a consisté à former les bénéficiaires à l’installation et à l’utilisation de biodigesteurs.
Une fois les équipements installés, les membres des délégations des partenaires et les bénéficiaires sont passés à la préparation de l’inoculum conservé suivant la méthode aérobique et anaérobique. Une solution dont l’obtention a nécessité le mélange minutieux d’eau, de son de maïs, de miel et d’une portion de sol prélevée sur chaque site. Les inoculas ont ensuite été conservés pendant trente jours, délai nécessaire pour assurer une fermentation adéquate. À l’issue de cette période, les équipes techniques des structures partenaires ont effectué des visites de suivi afin d’évaluer la qualité du processus.
Les résultats enregistrés se sont révélés encourageants. Selon les observations réalisées sur les différents sites, la fermentation a été conforme aux attentes. La présence d’une odeur caractéristique, signe d’une activité biologique satisfaisante, a notamment permis de confirmer la qualité des préparations obtenues. Tous les inoculas issus de la fermentation ont ainsi été validés, attestant de la pertinence de l’approche adoptée.
Fort de ces résultats, le projet est passé à une nouvelle phase : la multiplication du biofertilisant, avec un accent particulier mis sur le liquide anaérobie. Après huit jours supplémentaires de conservation, des échantillons ont été prélevés et seront soumis à des analyses en laboratoire. Ces tests permettront de définir un protocole d’utilisation adapté aux besoins des producteurs. En attendant les conclusions des analyses, les solutions produites sont conservées dans des bidons sur les différents sites.
Pour Ousmane Ouédraogo, chef du projet ACMA3, cette technologie va bien au-delà de la simple amélioration de la fertilité des sols. « En plus d’être une technologie qui va révolutionner la gestion de la santé et de la fertilité des sols, elle constitue également un outil de cohésion pour les jeunes et les femmes. Et cela est une très bonne chose », souligne-t-il.
Au-delà de la production d’intrants biologiques, cette initiative vise à renforcer la résilience des exploitations agricoles face à la dégradation progressive des sols et aux effets du changement climatique. En favorisant l’utilisation de matières organiques locales et le développement de micro-organismes bénéfiques, le programme ACMA3 entend promouvoir des pratiques agricoles plus durables, moins dépendantes des engrais chimiques et mieux adaptées aux réalités des producteurs béninois. Asmiou Tanou, producteur ayant participé à la formation, se réjouit des perspectives offertes par cette initiative. « Je suis très content d’avoir participé à cette formation sur la fabrication des biofertilisants. Cette initiative va vraiment nous permettre de résister face aux difficultés liées à la dégradation des terres », affirme-t-il.
ACMA3 et ses partenaires réaffirme à travers cette innovation, leur engagement à accompagner durablement les producteurs et les éleveurs dans l’adoption de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, tout en renforçant leur autonomie face aux défis de la dégradation des terres et du changement climatique.
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