Les acteurs de la filière avicole en Guinée se sont réunis le 17 avril 2026 dans le cadre d’une concertation initiée par le ministère de l’Élevage, consacrée aux orientations de la stratégie nationale de développement de l’aviculture 2026-2030.
Dans la sous-région ouest-africaine, la Guinée fait partie des destinations majeures pour les importations de viandes de volaille, au même titre que le Ghana et le Bénin. En effet, le pays importe chaque année plus de 70 000 tonnes de chair de poulet pour couvrir ses besoins, selon les données communiquées par le ministère de l’Élevage, alors que la production locale ne couvre que 5 à 7 % de la demande nationale selon la FAO. Ces importations ont fortement progressé au cours de la décennie, passant d’environ 37 000 tonnes en 2017 à 52 000 tonnes en 2023, puis à plus de 70 000 tonnes en 2025.
Pour limiter cette dépendance extérieure, les autorités du pays souhaitent donner un nouvel élan au secteur avicole en misant sur le développement de la production locale. À cette occasion, les grandes lignes de la nouvelle feuille de route ont été présentées. Pour le ministère de l’Élevage, « cette feuille de route ambitionne de réduire significativement les importations de poulets de chair tout en renforçant l’autosuffisance nationale en œufs, dans un contexte de croissance soutenue des besoins alimentaires ». Ainsi, les autorités entendent porter la part de la production nationale à plus de 30 % des besoins d’ici fin 2026 afin de multiplier par plus de cinq la part locale actuelle.
Le document stratégique s’articule autour de plusieurs priorités, dont l’amélioration de l’alimentation animale, le renforcement de la biosécurité, la réforme du cadre commercial, ainsi que la structuration de la chaîne de valeur et l’organisation des acteurs de la filière.
La rencontre a également permis de mettre en évidence plusieurs freins au développement de la production locale, notamment les difficultés d’accès au financement, les insuffisances du cadre réglementaire et le manque d’organisation du marché, qui limitent la compétitivité face aux importations. Des pistes de solution ont été évoquées, dont la mise en place de mécanismes de financement adaptés, la création de fonds de garantie et le renforcement du climat des affaires afin de stimuler les investissements dans la filière.
En outre, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration du secteur avicole, dans un contexte marqué par une forte dépendance aux importations et la nécessité d’accélérer la montée en puissance de la production locale.
Morel GOUKOUE
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