L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a répondu à une requête du ministère tunisien de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche maritime. Ce dernier a publié un communiqué ce lundi 24 juin 2024, sollicitant l’assistance technique de la FAO pour lutter contre la cochenille du cactus en Tunisie.
Une livraison d’une population de cent (100) coccinelles, Hyperaspis trifurcata, prédatrices de la cochenille de cactus est arrivée en Tunisie le 22 juin 2024. Selon la FAO, l’introduction de coccinelles permettra une lutte biologique contre la cochenille du cactus. L’objectif est « de circonscrire ce ravageur dans les zones infestées, en appliquant des mesures de lutte mécanique, en identifiant les variétés tolérantes et en utilisant la lutte biologique », a ajouté la FAO.
La cochenille est un insecte à corps mou qui apparaît sur les plantes de cactus sous forme de masses blanches ressemblant à du coton. Les femelles se nourrissent des raquettes du figuier de Barbarie en absorbant la sève de la plante, ce qui entraîne l’apparition de zones jaunâtres qui s’élargissent progressivement, conduisant finalement au dépérissement de la plante. Cet insecte se propage rapidement, transporté par le vent et peut se déplacer en se collant aux machines agricoles, aux camions, à la laine des moutons et aux fourrages composés de cactus provenant des régions infestées.
La superficie cultivée en cactus, selon les données du ministère de l’agriculture, était de 95 000 hectares en 2006 (ONAGRI, enquête des structures des exploitations agricoles 2004-2005). Cette culture est essentiellement localisée au centre (55 % des superficies) et au sud (25 %).
Le cactus a été utilisé à grande échelle, au début de l’indépendance, pour fixer les sols et lutter contre l’érosion. Il est utilisé dans les terrains en pente dans les courbes de niveau pour retenir les eaux de ruissellement et fixer le sol, et aussi pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale, comme produit de soins et de beauté, et pour soigner certains maux et maladies.
Il est produit essentiellement d’une façon extensive sans intrants chimiques ni pesticides. Il répond aux conditions de production du mode biologique. La certification biologique, de plus en plus recherchée par le consommateur, ajoute une plus-value au cactus et à ses dérivés. La production de cactus biologique en Tunisie serait d’environ 23 000 tonnes par an.
Ainsi, pour lutter contre la cochenille du cactus dans le pays, la FAO a alloué « un projet et un budget d’urgence de 500 000 dollars ». Ce projet inclut des méthodes de lutte biologique et mécanique, ainsi que l’identification de variétés de cactus résistantes à ce parasite.
L’Association nationale pour le développement du cactus (ANADEC), créée en 2017, œuvre également pour le développement et la promotion de la filière cactus en Tunisie. Elle regroupe des industriels, des sociétés de services et des groupements de développement, et participe aux différents salons pour faire connaître les produits à usage cosmétique et nutritionnel dérivés du cactus. La Tunisie compte environ 6 000 hectares de cactus certifiés biologiques, 800 agriculteurs et une dizaine de startups.
Il est à rappeler que la Tunisie occupe la deuxième place mondiale en termes de production de cactus, juste après le Mexique, avec une récolte annuelle de 550 000 tonnes de fruits, et se classe au quatrième rang mondial pour les exportations.
Dorice M. AHOLOUKPE
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