Longtemps fermé à la viande rouge américaine fraîche, le Nigeria a ouvert, le 21 août 2026 , son marché au bœuf et au porc des États-Unis, deux mois après une offensive de Washington menaçant Abuja de sanctions commerciales à travers l’African Growth and Opportunity Act (AGOA).
Désormais, les morceaux de bœuf et de porc américains peuvent être exportés vers le Nigeria, à l’exception notamment des jambons avec os. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié sur son site par la Fédération des exportateurs de viande des États-Unis (USMEF). Jusqu’alors, le pays le plus peuplé d’Afrique n’autorisait quasiment aucune importation de viande rouge américaine fraîche ou congelée, en dehors d’une gamme restreinte de produits transformés. Les abats de bœuf et de porc ainsi que les produits fumés, séchés ou salés restent également exclus.
Un marché déjà alimenté par les importations
L’ouverture intervient alors que le Nigeria recourt déjà aux importations pour son approvisionnement en viandes rouges. En 2025, le pays a importé pour près de 8,7 millions de dollars de viandes rouges fraîches ou congelées, selon Trade Map. La viande bovine représentait près de 73 % de cette valeur, devant la viande ovine (22 %), le reste concernant la viande porcine. Les principaux fournisseurs étaient notamment l’Afrique du Sud, l’Espagne, la France et la Belgique.
L’accès accordé aux produits américains intervient par ailleurs dans un contexte de pression commerciale. Le 1er juin, l’USMEF avait demandé au Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) d’utiliser l’AGOA pour faire pression sur cinq marchés africains, dont le Nigeria, afin d’améliorer l’accès aux produits carnés américains. L’organisation avait notamment appelé à envisager des sanctions ou une suspension des avantages commerciaux accordés à Abuja.
L’USMEF précise toutefois que l’élargissement de l’accès au marché nigérian résulte de discussions engagées depuis plusieurs années avec les autorités du pays, avec l’appui du Foreign Agricultural Service du département américain de l’Agriculture (USDA). « Il existe certainement des défis à relever, et il faudra du temps pour s’implanter dans les secteurs nigérians de la distribution et de la restauration », a prévenu Dan Halstrom, président-directeur général de l’USMEF.
Des perspectives liées à la demande
L’ouverture du marché offre ainsi de nouvelles possibilités aux exportateurs américains, même si leur implantation devra se faire face à des fournisseurs déjà présents. Selon la FAO, la consommation de viande bovine au Nigeria pourrait passer de 470 000 tonnes en 2015 à 1,4 million de tonnes d’ici 2050. Par ailleurs , cette évolution apparaît pour soutenir, à terme, la demande sur le marché nigérian et renforcer la concurrence entre fournisseurs internationaux.
LIRE AUSSI Modernisation de la filière viande : un nouvel abattoir inauguré à Kandi



