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Nigéria : Un comité installé face au déficit de poisson

Le Nigeria a mis en place, le 27 août 2026 à Abuja, un comité technique chargé de proposer en huit semaines une feuille de route pour stimuler la production, la transformation et la distribution de poisson.

Renforcer l’offre locale et limiter le recours aux importations, c’est l’objectif poursuivi, alors que la consommation nationale dépasse 3,6 millions de tonnes par an. Selon les chiffres communiqués par le gouvernement fédéral lors de l’installation du comité, la production locale ne couvre qu’environ 39 % des besoins, laissant un déficit de près de 2,2 millions de tonnes. « Le Nigeria ne peut plus dépendre autant du poisson importé alors que nous avons les ressources et les compétences humaines nécessaires pour développer la production nationale et renforcer la sécurité alimentaire », a déclaré le ministre des Affaires maritimes et de l’Économie bleue, Adegboyega Oyetola.

Cette volonté s’accompagne d’initiatives visant à renforcer les capacités des acteurs de la filière. À travers FISH4ACP, une initiative destinée à améliorer les chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture dans les pays membres de l’OEACP, 550 000 dollars ont été investis dans le secteur piscicole au Bénin. L’appui a notamment bénéficié à 500 producteurs répartis dans cinq pôles piscicoles. Dans son rapport consacré à l’amélioration de la pisciculture du poisson-chat au Nigeria, publié en juin 2026, FISH4ACP indique que ces interventions ont généré environ 850 000 dollars de valeur ajoutée annuelle supplémentaire. Le programme fait également état d’une progression de 5 % de la production et d’une baisse de 10 % des coûts.

La réduction du déficit représente également un enjeu économique pour le Nigeria, qui a consacré environ 1,2 milliard de dollars aux importations de poisson en 2025, selon les chiffres du gouvernement. Une augmentation de la production nationale permettrait ainsi de réduire progressivement les achats extérieurs et les sorties de devises. Les possibilités d’investissement ne concernent toutefois pas uniquement l’élevage. La production d’aliments et d’alevins, la fabrication d’équipements, la transformation, le fumage, la conservation frigorifique, le transport et la distribution constituent autant de segments susceptibles d’attirer des capitaux privés.

Le poisson-chat apparaît notamment comme un secteur à fort potentiel. Dans son rapport consacré à l’amélioration de la pisciculture du poisson-chat au Nigeria, publié en juin 2026, la FAO souligne l’importance de cette activité dans le pays, dont la production annuelle de poisson-chat africain avoisine 1,2 million de tonnes. Le secteur regroupe déjà environ 300 000 producteurs et près d’un million d’emplois, selon les données de FISH4ACP.

L’enjeu pour Abuja sera désormais de lever les contraintes qui freinent l’expansion de la filière, notamment l’accès au financement, la disponibilité des aliments et des alevins, les infrastructures de conservation et les capacités de transformation. Avec une population de deux cent trente-sept millions cinq cent vingt-sept mille sept cent quatre-vingt-deux (237 527 782) habitants en 2025, selon les World Development Indicators de la Banque mondiale, le Nigeria dispose ainsi d’un marché intérieur suffisamment important pour offrir des débouchés à une production nationale accrue et réduire progressivement sa dépendance aux importations.

Morel GOUKOUE

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