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Production des céréales : Une baisse mondiale attendue en 2026-2027

Selon la première estimation du Conseil international des céréales (CIC), publiée le 19 mars 2026, la production mondiale de céréales hors riz devrait reculer de 2 % en 2026-2027 pour s’établir à 2 417 millions de tonnes.

Recul des surfaces, rendements sans garantie, demande en hausse pour la quatrième année consécutive, le contraste est frappant. Alors que la campagne 2025-2026 s’annonce comme la plus productive de l’histoire, le CIC l’estime à 2 470 millions de tonnes toutes céréales confondues, en hausse de 143 millions de tonnes sur un an, portée par des gains solides en maïs, en blé et en orge. Le même organisme projette toutefois, dès la campagne suivante, un net coup de frein. La dynamique s’inverse. Après une accumulation de stocks qui devrait atteindre un plus haut en six ans à la fin de la campagne en cours, à 632 millions de tonnes, l’heure est au resserrement.

Des surfaces en recul sous la pression des marges

La première explication du recul projeté tient à la contraction des surfaces emblavées. Le CIC indique que la baisse de production attendue pour 2026-2027 résulte d’une réduction des surfaces récoltées combinée à un repli des rendements. Pour l’orge, l’organisme est encore plus précis. La sole pourrait être inférieure à la moyenne en raison de marges bénéficiaires relativement faibles. Le blé et le maïs suivent la même logique, avec des productions respectivement projetées à 822 millions de tonnes et 1 303 millions de tonnes, contre des estimations de 845 millions et 1 320 millions de tonnes pour la campagne en cours.

Ce désengagement des producteurs s’explique par la mécanique des prix. Les bonnes récoltes successives ont gonflé les disponibilités mondiales, pesant sur les cours. Les prix de vente ne couvrent plus suffisamment les coûts de production pour inciter à maintenir, voire à étendre, les surfaces. Le CIC note lui-même que bien des choses dépendront des aides étatiques, signe que sans soutien public, la logique économique pousse à réduire la voilure.

Des rendements projetés sur tendance, mais exposés aux aléas

Au recul des surfaces s’ajoute une hypothèse de rendements conformes à leur tendance de long terme. Le CIC ne table pas sur une mauvaise année climatique, mais n’en anticipe pas non plus une exceptionnelle. Cette prudence est justifiée par les signaux de terrain. Pour le blé, les marchés sont attentifs aux conditions de culture dans les principales zones de production, avec des interrogations sur la sécheresse des sols et des températures supérieures à la moyenne au moment de la sortie de dormance, notamment pour les variétés de blé de force rouge d’hiver cultivées aux États-Unis. Le sous-indice blé de l’indice des prix CIC a d’ailleurs progressé de 6 % sur la période, en partie sous l’effet de ces préoccupations météorologiques. Si un aléa climatique devait se matérialiser, les estimations actuelles pourraient encore être revues à la baisse. La campagne 2026-2027 est encore loin d’être jouée.

Une demande record qui creuse l’écart avec l’offre

Ce recul de l’offre intervient dans un contexte de demande soutenue. Le CIC anticipe une consommation mondiale de céréales en hausse pour la quatrième année consécutive, portée par les usages alimentaires et industriels, à un niveau record de 2 440 millions de tonnes. Face à une production projetée à 2 417 millions de tonnes, les stocks mondiaux seront mis à contribution. Après avoir atteint un sommet en six ans en fin de campagne 2025-2026, ils pourraient se contracter, revenant à 609 millions de tonnes en fin de campagne 2026-2027, avec l’essentiel de la baisse concentrée chez les grands exportateurs.

Ce resserrement progressif des réserves constitue le signal structurel à surveiller. Pendant plusieurs campagnes, la hausse des stocks avait amorti la volatilité des marchés et maintenu les prix à des niveaux relativement bas. Si la tendance projetée par le CIC se confirme, ce coussin se dégonflera, ce qui pourrait, à terme, redonner de la visibilité aux prix céréaliers et, avec elle, l’incitation à produire davantage. Mais cette correction prendra du temps. Et entre-temps, c’est la demande alimentaire mondiale qui devra s’accommoder de réserves en repli.

Le CIC projette pour 2026-2027 une production mondiale record de 442 millions de tonnes, soit +4 % par rapport aux estimations en cours pour 2025-2026, tirée par des gains de surfaces chez les principaux exportateurs. Toutefois, la hausse de l’offre étant absorbée par une demande équivalente, les stocks de soja resteraient quasi stables d’une année sur l’autre.

Ablam AKODJEVO

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