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Santé des sols : IFDC et le Bénin renforcent leur partenariat pour une agriculture plus résiliente

En visite à Cotonou, le Président et Directeur général de l’International Fertilizer Development Center (IFDC), Henk van Duijn, a rencontré le Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan. Cette rencontre a permis de réaffirmer la volonté commune du Gouvernement du Bénin et de IFDC de renforcer leur collaboration autour de la restauration des sols, un enjeu central et prioritaire pour la productivité agricole, la résilience climatique et la sécurité alimentaire du pays.

« Le Ministre, étant spécialiste de la Santé des Sols, comprend très bien ce dont on a besoin pour restaurer les sols au Bénin », a souligné Henk van Duijn, Président et Directeur général de IFDC, à l’issue de l’échange. Selon lui, cette convergence de vues constitue un signal fort : la restauration des sols figure parmi les priorités agricoles du pays, et la collaboration avec IFDC peut contribuer à adapter les solutions aux différentes zones climatiques et agroécologiques du Bénin.

À l’issue de la rencontre, les deux parties ont convenu de mettre en place un groupe de travail conjoint. Celui-ci aura pour objectif de préciser les priorités, d’identifier les zones d’intervention et de définir les prochaines étapes opérationnelles. Il devra notamment contribuer àIFDC renforcer les capacités des producteurs, mobiliser le secteur privé et soutenir le développement d’une offre locale d’engrais organo-minéraux et de biofertilisants, afin de réduire les coûts de production tout en améliorant durablement la fertilité des sols.

Restaurer le sol, pas seulement le nourrir

Cette dynamique s’inscrit dans la nouvelle stratégie IFDC2026-2035 d’IFDC, qui marque une évolution importante dans l’approche de la fertilité des sols. Pour Henk van Duijn, restaurer un sol ne consiste pas uniquement à y apporter davantage d’engrais. « Pour restaurer les sols, ce n’est pas juste donner plus d’engrais », résume-t-il. L’enjeu est aussi de reconstituer la matière organique, de stimuler la vie biologique du sol et de renforcer sa capacité à résister aux effets du changement climatique.

L’approche de IFDC repose notamment sur une meilleure connaissance de la fertilité des sols. Grâce à la cartographie, il devient possible de déterminer les besoins réels de chaque zone ou parcelle avant d’y apporter des nutriments minéraux ou organiques. Cette information constitue un point de départ essentiel pour aider les producteurs à prendre de meilleures décisions et à utiliser les intrants de manière plus efficace.

Recycler les nutriments disponibles localement

La question du coût des intrants reste centrale. Les engrais minéraux importés demeurent souvent difficiles d’accès pour de nombreux producteurs. IFDC encourage donc une approche complémentaire : valoriser les ressources disponibles localement, notamment les résidus organiques, les effluents d’élevage et les déchets de marché valorisables. Une fois transformées et enrichies, ces matières peuvent contribuer à produire des engrais organo-minéraux mieux adaptés aux besoins des cultures et plus accessibles aux exploitants. « IFDC est connue pour le développement des engrais, mais nous travaillons avec le producteur pour lui assurer l’accès à ces innovations », explique Henk van Duijn.

Dans cette perspective, le Ministre a insisté sur la nécessité de rendre les biofertilisants plus accessibles aux producteurs. Cette orientation rejoint les interventions déjà menées par IFDC sur le terrain, notamment à travers des formations pratiques, l’accompagnement des exploitants et l’appui aux initiatives d’agriculture biologique et régénérative. L’objectif est de favoriser la production et l’utilisation d’intrants biologiques sains, abordables et adaptés aux réalités locales.

Trois piliers pour la décennie

Cette vision se traduit dans les trois piliers de la stratégie 2026-2035 d’IFDC. Le premier porte sur l’innovation dans le développement des engrais, avec une attention particulière aux engrais organo-minéraux, qui associent nutriments disponibles localement et apports minéraux ciblés. Le deuxième vise à accompagner les producteurs afin qu’ils puissent accroître leur productivité à moindre coût, en améliorant l’efficacité nutritive des intrants et en réduisant les pertes.

Dans ce cadre, la plateforme FeSeRWAM (Fertilizer and Seed Recommendation Map for West Africa), développée par IFDC en partenariat avec le CORAF, illustre l’importance de l’aide à la décision. Cet outil numérique interactif met à la disposition des producteurs, des vulgarisateurs et des agro-dealers des paquets d’intrants agricoles combinant semences améliorées, formules d’engrais optimisées et bonnes pratiques adaptées aux spécificités de chaque zone agroécologique. Le troisième pilier concerne le lien avec le marché : mieux comprendre les besoins des consommateurs et des transformateurs afin d’améliorer la valorisation de la production des petits producteurs. Pour Henk van Duijn, cette dimension distingue l’approche de IFDC, en reliant fertilité des sols, productivité, transformation et accès au marché.

La collaboration engagée entre le MAEP et IFDC ouvre ainsi une nouvelle étape pour traduire cette ambition commune en actions concrètes, durables et mesurables. En plaçant la santé des sols au cœur des priorités agricoles, elle peut contribuer à renforcer la résilience des systèmes de production, améliorer les revenus des producteurs et soutenir une agriculture béninoise plus compétitive et plus durable.

Ablam AKODJEVO

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