Dans un contexte mondial où la sécurité alimentaire est fragilitée par les aléas climatiques et la volatilité des marchés internationaux, le Sénégal a tenu un atelier national, le mardi 10 mars 2026 dédié à la structuration de sa filière maïs.
L’objectif affiché par les autorités est d’en faire du maïs une filière d’excellence et un pilier durable de l’autonomie alimentaire du pays. En effet le maïs occupe une place doublement vitale dans l’économie sénégalaise. Il nourrit des millions de ménages ruraux et constitue un intrant essentiel pour les industries d’alimentation animale, élevage, aviculture et pisciculture. Pourtant, malgré la diversité des zones agoécologiques du pays, la production nationale reste insuffisante pour couvrir la demande intérieure, contraignant le Sénégal à des importations annuelles massives. À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne , a posé un diagnostic sans détour. La principale entrave au développement de la filière n’est plus seulement technique, elle est commerciale. « Nous avons observé des difficultés récurrentes dans l’écoulement du maïs local, alors même que la demande nationale reste très importante », a-t-il révélé. Face à ce paradoxe, il a prôné un renversement de logique fondamental en déclarant : « Nous devons désormais adopter une logique simple mais fondamentale : vendre avant de produire ».
Cette approche implique d’identifier les débouchés en amont, puis d’organiser la production en conséquence, via une meilleure contractualisation entre producteurs et acheteurs, et des circuits de commercialisation plus structurés. Le ministre s’est montré confiant sur les effets attendus de cette transformation. « Avec une organisation efficace de la filière et une commercialisation structurée, nous pouvons considérablement augmenter la production nationale et renforcer la compétitivité de cette culture. »
Des leviers techniques à activer
Sur le plan agronomique, Mabouba Diagne a insisté sur trois priorités : la généralisation de semences performantes, une fertilisation adaptée aux sols locaux, et la poursuite de la mécanisation agricole. Des leviers connus, mais dont le déploiement à grande échelle reste freiné par l’accès limité au financement et aux intrants.
Un enjeu de souveraineté nationale
Au-delà des rendements, c’est une question de résilience stratégique qui est posée. Réduire la dépendance aux importations de maïs, c’est aussi se prémunir contre les crises géopolitiques et les chocs climatiques, de plus en plus fréquents dans la région sahélienne. La réussite de cette ambition dépendra de la capacité de l’État à tenir ses engagements dans la durée : accompagnement technique, crédit agricole, infrastructures de stockage et de transformation.
Pendant deux jours, représentants d’organisations paysannes, partenaires financiers, techniciens et experts planchent ensemble sur les défis et opportunités de cette filière. L’atelier de cette semaine n’est qu’un point de départ, le vrai défi commence dans les champs.
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