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Souveraineté alimentaire : Le Cameroun mise 1 119 milliards FCFA sur le Pacte AgriConnect

Face à une facture d’importation de denrées alimentaires qui pèse lourdement sur ses finances publiques, le Cameroun tente un nouveau coup de starter pour son économie rurale. Le gouvernement a officialisé, le 21 octobre 2026, le lancement du Pacte AgriConnect. Cette feuille de route quinquennale de 1 119,2 milliards FCFA ambitionne de restructurer le paysage agricole national d’ici 2030, tout en coupant net la dépendance commerciale du pays.

L’objectif affiché par les autorités est de réduire de 30 % les achats alimentaires ciblés à l’étranger. Pour y parvenir, la stratégie se concentre sur les produits de grande consommation ainsi que sur les leviers traditionnels de l’économie rurale. Le maïs, le riz, le manioc et le soja figurent au premier rang des priorités végétales, aux côtés du cacao et de l’huile de palme pour le volet industriel. Le plan englobe également des secteurs clés de la nutrition animale et de la protéine, à savoir la production laitière, l’aquaculture et la pêche. Au-delà des volumes récoltés, ce programme vise avant tout la création d’emplois durables pour la jeunesse et l’émergence d’une véritable industrie de transformation locale.

Sur le plan financier, l’exécutif camerounais choisit la voie du réalisme budgétaire. L’État apportera une contribution directe de 201,6 milliards FCFA sur ses fonds propres, ce qui représente environ 18 % de l’enveloppe globale. Le reste de l’investissement devra être capté auprès des bailleurs de fonds internationaux, à l’instar de la Banque mondiale, mais aussi du secteur privé local et étranger.

Cette nouvelle initiative vise à tourner la page des devenues passées. AgriConnect succède en effet au Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique. Bien que prometteur sur le papier avec un besoin estimé à 1 443 milliards FCFA, ce précédent dispositif avait butté sur une sévère impasse financière, ne réussissant à lever que 110 milliards FCFA. En associant d’emblée les partenaires techniques et les investisseurs privés au montage du projet, le Cameroun espère cette fois sécuriser les fonds nécessaires pour concrétiser ses ambitions d’autosuffisance.

Ablam AKODJEVO

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