Dans le cadre de l’addendum de la phase II du programme Technologies for African Agricultural Transformation (TAAT), une réunion de planification s’est tenue du 23 au 24 mars 2026 à Kigali, au Rwanda, pour renforcer le déploiement de technologies agricoles intelligentes face au climat à travers l’Afrique.
Valider le plan de travail et le budget du programme, finaliser les modalités de mise en œuvre et consolider la collaboration entre les partenaires, afin d’assurer un déploiement efficace des activités du programme, tel est l’objectif principal de cette rencontre. Au-delà de ces aspects administratifs, des engagements concrets ont été pris, notamment avec la signature d’un accord de sous-subvention entre le Rwanda, la Banque africaine de développement (BAD) et le programme TAAT, représenté par l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA). Cette subvention allemande de 5 millions d’euros, gérée par la Facilité d’appui à la transition (TSF, Pilier IV) de la BAD, concerne six pays : Rwanda, Ouganda, Tanzanie, Mozambique, Malawi et Nigéria. L’ambition est d’accélérer la mise à l’échelle du programme, en renforçant les systèmes semenciers, en déployant des solutions numériques agricoles et en soutenant l’emploi des jeunes pour consolider durablement l’agriculture africaine.
Pour Dre Solange Uwituze, ministre de l’Agriculture du Rwanda, ce protocole d’accord offre un cadre favorable à l’accès à des semences de qualité et à une augmentation de la production agricole, conformément à la vision 2050 du pays. « Il permettra de fournir des semences saines et de renforcer les capacités des acteurs locaux à pratiquer une agriculture plus productive sur de petites parcelles », a-t-elle précisé.
Matieyedou Konlambigue, représentant pays de l’IITA au Rwanda, a rappelé l’importance du programme TAAT pour la transformation des systèmes alimentaires africains et la diffusion de plus de 309 000 tonnes de semences certifiées à des millions d’agriculteurs. « Nous devons maintenant accélérer notre développement, promouvoir la durabilité et aligner les engagements en matière de mise en œuvre et de responsabilité afin d’obtenir un impact mesurable pour les agriculteurs », a-t-il ajouté. Dans cette même dynamique, Innocent Musabyimana, directeur des technologies agricoles à la BAD, a insisté sur l’importance des partenariats solides pour la réussite de cette transformation, considérant cette réunion comme une étape clé pour passer de la planification à l’action concrète.
La phase II met l’accent sur le renforcement des capacités locales, notamment la production de semences de première génération, l’autonomisation des jeunes et des institutions, ainsi que le déploiement de solutions numériques de conseil agricole. Selon Rachel Zozo, coordinatrice par intérim de l’unité de gestion du programme, ces priorités visent à renforcer les systèmes semenciers, soutenir l’innovation locale et améliorer la collaboration entre secteurs public et privé.
Des résultats concrets pour renforcer la production agricole
Depuis 2018, TAAT a produit plus de 4 333 tonnes de semences de base, générant 309 000 tonnes de semences certifiée. Il a intégré 136 technologies dans 18 projets à grande échelle dans 21 pays, mobilisant 1,7 milliard de dollars par le biais du Fonds africain de développement. Ces résultats illustrent que le programme ne se limite pas à la planification ,il transforme la production agricole et renforce la résilience des systèmes semenciers locaux.
Face aux chocs climatiques et aux tensions sur les marchés mondiaux, cette réunion a confirmé que la coordination entre gouvernements, centres de recherche, institutions de vulgarisation et secteur privé reste déterminante pour garantir une sécurité alimentaire durable à long terme en Afrique.
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