La capitale nigériane, Abuja, a accueilli le 11 juin 2026 le lancement officiel du projet « Organisations paysannes pour la transformation des systèmes agricoles et alimentaires » (FO Hub-GIZ), destinée au renforcement du rôle des organisations paysannes dans la transformation durable des systèmes agroalimentaires en Afrique de l’Ouest.
Porté par la Coopération allemande (GIZ) en partenariat avec le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), et mis en œuvre avec l’Association Ouest-Africaine pour le Commerce Transfrontalier des produits Alimentaires, Agro-sylvo-pastoraux et Halieutiques (AOCTAH) et le Réseau des Journalistes pour la Promotion des Produits Agro-sylvo-pastoraux et Halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel (ReJPAH-AOS), le projet vise à renforcer les capacités des organisations agricoles, à promouvoir leur participation aux processus décisionnels et à favoriser l’inclusion des groupes marginalisés à travers des approches sensibles au genre et la numérisation. Ainsi, son lancement a réuni plusieurs personnalités du monde agricole et institutionnel, dont Andrea Ruediger, coordinatrice du cluster GIZ-TAFS, Dr Mohammed Bashir Abdulkadir, représentant du ministère nigérian de l’Agriculture, ainsi que des représentants du ROPPA, de l’AOCTAH et du ReJPAH-AOS.
En effet, le projet FO Hub-GIZ repose sur trois composantes majeures. La première porte sur le renforcement des capacités des organisations de la société civile afin qu’elles contribuent davantage aux processus politiques régionaux et internationaux, notamment dans les cadres de la CEDEAO (ECOWAP) et de l’UEMOA. La deuxième vise l’autonomisation des acteurs du changement en matière de genre au sein des organisations agricoles, afin de renforcer leur participation aux dynamiques décisionnelles. Quant à la troisième, elle met l’accent sur le renforcement des connaissances des producteurs en matière de protection sociale et de pratiques agricoles résilientes face aux changements climatiques.
C’est dans cette dynamique que Dr Jimmy Johnmark, qui a présenté le thème consacré à la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique de l’Ouest au cours de la rencontre, a souligné la nécessité d’une participation plus effective des organisations paysannes dans la conception et la mise en œuvre des politiques agricoles régionales. L’expert a également mis en lumière les défis structurels qui continuent de freiner le développement du secteur agricole dans la sous-région.
L’AOCTAH capitalise sur les acquis du programme EAT
Partenaire de mise en œuvre du projet, l’AOCTAH entend mettre à profit son expérience acquise au cours des précédentes collaborations avec la GIZ, notamment en matière de facilitation du commerce régional. Intervenant au nom de l’organisation, son secrétaire permanent, Aliyu Maitasamu Isah, a salué la confiance renouvelée de la coopération allemande et rappelé les résultats obtenus dans le cadre du programme EAT, parmi lesquels la digitalisation de l’Opération Fluidité Routière et le renforcement des capacités des commerçants transfrontaliers sur les règles de la CEDEAO.
Pour l’AOCTAH, son implication dans le projet FO Hub constitue à la fois une reconnaissance du travail accompli et une opportunité de renforcer son action en faveur de l’intégration régionale et du commerce transfrontalier, en lien avec le ROPPA et les autres partenaires.
Un levier pour la sécurité alimentaire et la résilience des producteurs
En Afrique de l’Ouest, le projet accorde une attention particulière au renforcement du ROPPA afin de consolider son rôle dans les politiques agricoles régionales et continentales, notamment autour de l’agroécologie, du financement agricole, de l’assurance agricole et de la résilience climatique des exploitations familiales.
Déployé également en Asie et en Amérique latine, le projet FO Hub-GIZ s’inscrit dans la stratégie allemande « Vivre sans faim » et contribue aux Objectifs de développement durable, notamment la sécurité alimentaire, l’égalité des sexes, l’action climatique et les partenariats pour le développement. En outre, cette initiative se positionne comme un levier important pour renforcer la sécurité alimentaire, le soutien du développement durable des communautés rurales en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
LIRE AUSSI Développement agricole : L’AOCTAH et le ReJPAH-AOS scellent un partenariat



