L’accès au marché institutionnel, se renouvelle et se perpétue grâce au Programme ACMA3 dans la commune de Savè. Ce jeudi 20 mars la coopérative communale des producteurs de maïs a reçu sur le site du magasin de stockage de maïs de 200 tonnes de Gobé, la visite d’une équipe de l’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN). Objectif, vérifier que la coopérative rempli les conditions pour fournir les 100 tonnes de maïs promis à l’agence dans le cadre de la mise en œuvre du programme des cantines scolaires.
Dans un contexte où l’agriculture est le pilier de la croissance économique dans les communautés rurales, l’accès au marché d’écoulement demeure le levier essentiel pour permettre aux agriculteurs de valoriser leurs récoltes. Ayant compris cet enjeu, le programme Approche Communale pour le Marché Agricole (ACMA) a, à travers chacune de ses trois phases, milité pour faciliter l’accès à des marchés porteurs au profit de ses bénéficiaires.
La dernière expérience en date est celle de la coopérative communale des producteurs de maïs de Savè, qui, grâce à l’accompagnement du programme, s’est engagée dans un processus concurrentiel de fourniture de maïs à l’ANAN.
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Retour au contexte
Prenant le relais du Programme Alimentaire Mondial, l’ANAN, désormais en charge de l’exécution du programme de cantines scolaires, passe commande de la matière première en accordant l’exclusivité à la production locale. « Le stock alimentaire à partir duquel nous nourrissons nos enfants est constitué de céréales dont le riz et le maïs, de légumineuses, de l’huile et puis du sel. C’est ce que le gouvernement apporte au niveau des cantines scolaires, au niveau des écoles pour que les bonnes dames, les cuisinières puissent faire le nécessaire pour que nos enfants puissent manger. », explique Marius Kanhounon, chef d’antenne à Dassa sur le programme des cantines scolaires piloté par l’ANAN.

Ainsi, les denrées nécessaires à l’approvisionnement des cantines sont acquises par procédure d’appel d’offres. Récemment, l’ANAN a exprimé un besoin de 5 000 tonnes de maïs blanc. Mais pour être éligible à cette opportunité, il faut répondre aux exigences de qualité et de volume minimum imposées.
À Savè, la coopérative communale des producteurs de maïs s’est engagée à fournir 100 tonnes de maïs à l’Agence. La visite de l’ANAN dans le magasin de stockage de Gobé, qui entre dans le cadre de ce processus, semble confirmer que la coopérative répond aux exigences de l’ANAN. « Il fallait qu’on vienne parce que cette union a déjà été présélectionnée pour fournir un certain nombre de quantités, de 100 tonnes. Nous sommes venus pour voir si vraiment les quantités sont constituées et surtout pour nous rassurer que, quand le processus va être enclenché, on puisse vraiment venir chercher le maïs. », explique le chef d’antenne.
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Des conditions d’éligibilité remplies grâce au programme ACMA3
« Nous avons commencé dans des conditions difficiles, avec des outils rudimentaires, mais nous avons progressivement appris à améliorer notre production », explique Parfait Kètè, coordonnateur des coopératives autour du magasin ACMA2 de Gobé. Longtemps, les producteurs locaux ont fait face à des difficultés pour écouler leur production à des prix justes. Pour surmonter ces défis, le programme ACMA, après avoir accompagné l’organisation de nombreux acteurs agricoles en coopératives formalisées et immatriculées, a renforcé leurs capacités.

Dès sa phase 1, ACMA met en place un accompagnement technique qui commence dès les premières étapes de la production. « Nous avons apporté un appui au champ avec des conseils sur les bonnes pratiques agricoles pour garantir un maïs de bonne qualité, sain à la consommation », explique Massiondath Sanni, superviseure de la zone Savè pour le programme ACMA3.
Outre la production, les efforts ont porté sur l’amélioration du stockage et du conditionnement. Grâce à des formations sur l’entreposage, le tri et l’étiquetage des sacs, les producteurs peuvent mieux conserver leur récolte et garantir un produit homogène. Un autre aspect clé est l’utilisation du warrantage, une technique qui permet aux producteurs d’obtenir un crédit en mettant leur stock en garantie. « Cela leur permet de financer leurs besoins immédiats sans être obligés de vendre rapidement à bas prix », précise-t-elle. Cette approche donne aux producteurs plus de flexibilité et réduit leur vulnérabilité face aux fluctuations du marché.
Les acteurs prêts à relever des défis pour leur avenir
Autour du magasin d’une capacité de 200 tonnes, construit par le programme ACMA2 à Gobé, neuf coopératives agricoles sont impliquées dans la gestion, dont cinq sont actives. Elles mutualisent leurs efforts pour éviter la vente individuelle à bas prix et répondre collectivement aux appels d’offres. C’est d’ailleurs toutes ces prédispositions qui ont permis a l’équipe de l’ANAN d’effectuer un constat encourageant pour la suite du processus de sélection, car [l’ANAN]« a d’ailleurs été impressionnée par la qualité du maïs stocké, soulignant le soin apporté au vannage et à l’élimination des impuretés », a confié la superviseure de zone.
Bien que les coopératives de Gobé aient répondu en soumissionnant une offre de 100 tonnes, leur capacité actuelle excède cette offre. « Aujourd’hui, ce que nous avons déjà dans le magasin dépasse 100 tonnes. Si l’ANAN pouvait prendre plus, cela nous arrangerait », témoigne Parfait Kété. Son commentaire souligne l’importance d’une demande stable et régulière pour garantir l’écoulement des stocks.
Ils sont toutefois conscient que des défis subsistent, notamment la nécessité d’élargir les débouchés pour absorber les excédents. « Si une partie du stock reste invendue, cela deviendra un casse-tête à gérer » précise Parfait.
Quant à l’ANAN, elle s’attend à ce que la coopérative tienne ses engagements, notamment en termes de qualité et de quantité. Un défi que les producteurs sont entièrement certains de relever.
Pour rappel, le programme ACMA3 est mis en œuvre par l’IFDC en consortium avec le Care Bénin/Togo et l’Institut Royal des Tropiques (KIT), avec l’appui financier de l’Ambassade des Pays-Bas près le Bénin. Ses zones d’intervention couvrent le département des Collines, du Borgou et de la Donga.
Méchac A.



