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Café arabica : Près de 20 % des surfaces de culture menacées d’ici 2050

À l’horizon 2050, près d’un cinquième des superficies mondiales consacrées au café arabica pourraient devenir climatiquement inadaptées sous l’effet du réchauffement global, selon une note du groupe bancaire Rabobank publiée le 20 mars 2026.

Culture emblématique mais particulièrement sensible, le café arabica se retrouve aujourd’hui au cœur des bouleversements climatiques. Dépendante de conditions agroclimatiques strictes, températures modérées, pluviométrie saisonnière et ombrage partiel, cette variété est historiquement concentrée dans la ceinture équatoriale du café. « Pour se développer correctement, le café arabica nécessite des conditions climatiques très spécifiques : des températures modérées, des pluies saisonnières et un ombrage partiel » précise le document.

Environ 8 % des surfaces actuelles sont déjà considérées comme inadaptées à sa culture. Cette proportion pourrait atteindre 20 % d’ici 2050 sous l’effet combiné de la hausse des températures et de la modification des régimes de précipitations, accentuant l’instabilité des conditions de production. « Nos estimations suggèrent que jusqu’à 20 % des superficies actuelles de café arabica pourraient devenir climatiquement inadaptées d’ici 2050 »

Des impacts contrastés selon les zones de production

Les effets du changement climatique varieront selon les pays. L’Éthiopie pourrait voir ses superficies adaptées atteindre 50 %, contre 39 % actuellement, avec une progression marquée des zones très favorables. À l’inverse, le Honduras subirait la plus forte contraction, avec des zones adaptées réduites de 53 % à 12 %. Le Brésil, premier producteur mondial, verrait ses superficies favorables reculer de 81 % à 62 %, tout en conservant une base productive importante. En Colombie, la part des zones inadaptées pourrait passer de 7 % à 18 %, illustrant une dégradation progressive des conditions de culture.

Au-delà des superficies, le changement climatique pourrait affecter la qualité du café. Les conditions de culture influencent les profils aromatiques, et leur évolution pourrait fragiliser certaines identités d’origine, notamment sur le segment des cafés de spécialité.

Une adaptation indispensable

Le déplacement des zones de production devrait modifier les équilibres des chaînes d’approvisionnement, tant en volumes qu’en qualité. Les importateurs et torréfacteurs seront amenés à diversifier leurs sources et à adapter leurs stratégies.

Face à ces défis, les acteurs de la filière devront adopter une approche plus anticipative, fondée sur la planification. Cela implique des investissements dans des pratiques agricoles adaptées, le développement de partenariats durables et une meilleure intégration des données climatiques. La transparence, la traçabilité et la coopération seront essentielles pour préserver la stabilité des volumes et la qualité. Le rapport insiste également sur le caractère décisif des choix à court terme, soulignant que la capacité des chaînes d’approvisionnement du café à rester résilientes dépendra des décisions prises dès aujourd’hui. « La prochaine décennie sera décisive : la capacité des chaînes d’approvisionnement du café à rester résilientes face au changement climatique dépendra des choix posés dès aujourd’hui par les producteurs, les acheteurs et les investisseurs »

En outre, le café arabica demeure une denrée stratégique à l’échelle mondiale, et les transformations en cours annoncent une recomposition durable de son économie.

Morel GOUKOUE

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