La filière cacao traverse une zone de turbulence au Cameroun. En l’espace de quatre mois, le prix au kilogramme est passé de plus de 3 600 FCFA à 1 200 FCFA, rendant l’activité d’achat-revente pratiquement impossible à rentabiliser. Une dégringolade qui pousse les intermédiaires commerciaux à chercher des alternatives plus lucratives.
Le café s’impose naturellement comme refuge face à la cherté du cacao. Ses cours restent en effet nettement plus attractifs que ceux du cacao. Alors que le café robusta se négocie autour de 2 112 FCFA le kilo, l’arabica dépasse les 3 700 FCFA. Un écart suffisamment marqué pour justifier une reconversion. Mais cette réalité, les acheteurs l’ont tous intégrée en même temps dans leurs calculs.
C’est le choix qu’a fait Jonas Essomba. D’après les informations recueillies par le média Mongabay, autrefois actif dans la région du Centre sur le marché du cacao, il opère aujourd’hui dans le Moungo, département du Littoral reconnu comme le cœur de la production camerounaise de robusta. La logique économique est que le cacao acheté humide perd du poids en séchant, et quand le kilo tombe à 1 000 FCFA voire 800 FCFA comme ce fut récemment le cas, la marge disparaît, ou pire, devient négative. « Nous ne faisons plus de bénéfices avec le cacao. Au contraire, je me suis retrouvé perdant plusieurs fois. Il faut savoir que la plupart des planteurs vendent leur cacao ; car étant mouillé, ils n’ont pas le temps de bien le faire sécher », a-t-il déclaré.
Le Cameroun n’est pourtant pas le grand producteur de café, avec une récolte n’ayant pas dépassé les 11 600 tonnes lors de la dernière saison. Le volume disponible n’a donc pas suivi l’afflux soudain de nouveaux acteurs sur le marché, mais le gâteau, lui, n’a pas grossi. Résultat, la concurrence s’intensifie et les opportunités se raréfient, transformant ce qui semblait être une solution en un nouveau défi.
La crise du cacao s’inscrit dans un contexte mondial de surproduction qui fragilise la filière depuis plus d’un an. En l’absence de mécanismes efficaces de stabilisation des prix, producteurs et négociants naviguent à vue, sans perspective claire à court terme.
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