La participation des femmes aux initiatives d’adaptation aux changements climatiques contribue à renforcer la résilience des communautés. Cette question a été abordée du 27 au 29 octobre 2026 à Grand-Popo, lors de l’atelier consacré à l’évaluation du Plan d’actions genre et changements climatiques du Bénin (PAGCCB) 2023-2025 et à l’examen du projet de plan 2026-2031.
« De la vulnérabilité climatique au leadership : quand les femmes entrent en action », tel est le thème de la communication présentée par Anne Degrande, Coordonnatrice pays de Landscape Alliance au Cameroun. Elle a partagé l’expérience du projet INNOVACC (Innovation pour l’adaptation aux changements climatiques), qui associe autonomisation économique des femmes et pratiques respectueuses de l’environnement.

L’autonomisation des femmes en exemple
Dans le nord du Cameroun, le projet accompagne huit coopératives féminines, dont six spécialisées dans la transformation de l’arachide et deux dans celle du lait. Cet appui comprend des formations en gestion, en organisation collective et en élaboration de plans d’affaires. Selon Anne Degrande, les revenus issus de la commercialisation des produits transformés ont considérablement augmenté « Nous avons pu obtenir des augmentations de revenus allant même de 50 % jusqu’à 70 % en ce qui concerne la vente des produits issus de l’arachide et du lait », a-t-elle affirmé.
L’initiative comprend également la promotion de foyers améliorés, la fabrication de briquettes de charbon à partir de coques d’arachide et la plantation d’arbres. Pour Anne Degrande, la réussite de ces démarches repose sur leur capacité à répondre aux besoins des femmes, à tenir compte de leurs contraintes quotidiennes et à les accompagner de la production à la commercialisation.
Le genre, une dimension du développement local
Pour Saliou Bio Bagou, directeur du développement local et de la planification de la mairie de Sakété, « l’intégration du genre dans la planification permet de mieux prendre en compte les besoins des femmes et des hommes. Cette approche favorise des projets adaptés aux réalités locales et une participation plus équitable au développement des communautés. » Dr Baguiri Oumémath, membre du chapitre béninois du Réseau des Femmes Leaders Africaines (AWLN Bénin), a quant à elle insisté sur la nécessité d’associer les hommes à l’autonomisation des femmes. « Il faut promouvoir ce qu’on appelle la masculinité positive », a-t-elle souligné. Cette démarche encourage les hommes à soutenir les initiatives féminines et participer davantage aux tâches domestiques, qui peuvent limiter la disponibilité des femmes pour leurs activités économiques. Dr Baguiri Oumémath a également insisté sur la pérennité des actions engagées, en appelant à une appropriation par les communautés afin de préserver les acquis au-delà des financements. Par ailleurs, l’expérience présentée met en évidence l’intérêt de mettre en synergie adaptation climatique, autonomisation économique et égalité de participation pour renforcer la résilience au sein des communautés.
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