Réunis à Cotonou du 19 au 23 octobre 2026, les acteurs du projet BIO-PACT ont conclu cinq jours de concertation intense. À cette occasion, ils ont formulé une série de recommandations visant à restructurer la réglementation, renforcer le contrôle qualité, sécuriser les financements et faciliter l’accès des producteurs aux bio-intrants.
Le développement des bio-intrants en Afrique nécessite des cadres réglementaires adaptés, des capacités de contrôle renforcées et des financements accessibles. En effet, cette réunion scientifique réunissant des chercheurs, représentants des pouvoirs publics, organisations de producteurs et des acteurs du secteur privé, venus de différents pays de l’Afrique de l’Ouest, a permis d’identifier les principaux obstacles qui minent le développement des engrais naturels. A cet effet, les travaux ont facilité à l’établissement d’un diagnostic partagé, afin de préparer une première version de documents d’orientation politique et de fiches techniques, et lancer une communauté de pratique destinée à favoriser le partage d’expériences entre les pays participants.
Pour Claudia Savarese, directrice pays du FIDA pour le Bénin et le Togo, l’atelier a ouvert une voie plus large aux échanges. « Nous avons posé un diagnostic partagé, visité des laboratoires, des unités de production et d’exploitation, élaboré une première version des normes d’orientation politique pour chaque pays et aussi des fiches techniques. Nous avons enfin lancé la communauté de pratique des BIO-PACT et désigné des champions pays chargés de la faire vivre », a-t-elle déclaré. Les représentants désignés dans chaque pays auront notamment pour rôle de faciliter la circulation des connaissances et de soutenir la mise en œuvre des actions retenues.
Des obstacles réglementaires et financiers à lever
Parmi les contraintes de l’adoption des bio-intrants relevées figurent les insuffisances des cadres réglementaires, les difficultés d’homologation, les limites des capacités de production et de contrôle qualité, ainsi que les obstacles logistiques et financiers. La diffusion des connaissances auprès des producteurs demeure également un défi. Face à ces défis, plusieurs leviers ont été ciblés. « Nous avons confirmé que la valorisation des ressources biologiques locales, le renforcement de la recherche et de l’innovation, la coopération Sud-Sud, l’implication des organisations de producteurs, le développement du secteur privé et l’amélioration des mécanismes de financement constituent des pistes concrètes pour accélérer le développement des bio-intrants en Afrique », a souligné le directeur général de l’Institut National des Recherches Agricoles du Bénin (INRAB), Dr Comlan Hervé Sossou,.
L’adoption de ces solutions dépendra aussi de leur accessibilité et de leur rentabilité pour les exploitations agricoles. « Pour être adoptés, les bio-intrants doivent être accessibles, efficaces et économiquement viables pour les producteurs. Notre défi est donc de passer d’initiatives encore dispersées à des filières structurées, contrôlées et durables », a insisté Claudia Savarese.
Prolongement des acquis en vue
À l’issue des travaux, une motion des participants lu par le Directeur de la promotion de la production végétale du Burkina Faso, Toussaint Sampo, a été adoptée pour appeler à des actions concrètes. Les participants recommandent notamment de renforcer les équipements, les liens entre promoteurs de bio-intrants et organisations paysannes, ainsi que la valorisation des ressources locales. Ils s’engagent également à finaliser les documents d’orientation politique et les fiches techniques.
Pour prolonger cette dynamique, le FIDA entend encourager le partage d’expériences et favoriser l’intégration des bio-intrants dans les projets qu’il finance. Claudia Savarese a invité les équipes concernées à envisager leur prise en compte dans les plans de travail et budgets annuels de 2027. L’institution prévoit aussi d’accompagner la mobilisation de ressources provenant des budgets nationaux, des projets, des investissements privés et des financements climatiques. La mise en œuvre de ces recommandations constituera désormais un enjeu majeur pour transformer les acquis de l’atelier en filières durables et faciliter l’accès des producteurs africains à des bio-intrants adaptés à leurs besoins.
Auriol HOUDEGBE
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