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Agriculture durable : Huit pays africains cherchent à élargir l’accès aux bio-intrants

Réunis à Cotonou du 19 au 23 octobre 2026 dans le cadre du projet BIO-PACT, des acteurs de huit pays africains réfléchissent aux moyens d’améliorer la production, la qualité et la commercialisation des bio-intrants. L’objectif est de favoriser leur adoption par les producteurs et de lever les obstacles qui limitent leur accès à ces solutions.

La dégradation des sols constitue une menace pour la durabilité des systèmes agricoles africains. Selon la FAO, dans un rapport publié le 17 juin 2026, 65 % des terres productives du continent sont affectées par ce phénomène. Face à cette situation, les bio-intrants apparaissent comme une piste pour préserver la fertilité des sols, soutenir la productivité des exploitations et renforcer la sécurité alimentaire. Représentant le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, la secrétaire générale du ministère, Madeleine Lafia Mora, a insisté sur la nécessité d’une gestion intégrée de la fertilité des sols. « Notre responsabilité est plutôt de promouvoir une approche équilibrée et scientifiquement fondée, basée sur la gestion intégrée de la fertilité des sols », a-t-elle déclaré. Elle a également souligné l’intérêt de valoriser les résidus de récolte, les déjections animales et les déchets organiques pour produire localement des bio-intrants. Cette démarche pourrait contribuer à développer de nouvelles chaînes de valeur et à créer des emplois pour les jeunes et les femmes.

La valorisation de ces ressources locales constitue également une piste pour réduire la dépendance aux intrants importés et limiter l’exposition des producteurs aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux. Toutefois, le développement de ces solutions suppose de garantir leur qualité, leur disponibilité et leur accessibilité économique.

La recherche au service de la santé des sols

La recherche agricole explore plusieurs solutions biologiques pour préserver la fertilité des sols et soutenir la productivité des cultures. Parmi elles figurent les biofertilisants, les bio-amendements, les biostimulants et les biopesticides, qui contribuent à améliorer les fonctions biologiques des sols et l’utilisation des nutriments. Le directeur général de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (INRAB), Dr Comlan Hervé Sossou, a rappelé l’importance de ces enjeux pour la souveraineté alimentaire. « La restauration et la préservation de la santé des sols doivent être considérées comme une priorité pour la souveraineté alimentaire de tous les pays », a-t-il souligné.

Pour l’INRAB, le défi consiste notamment à transformer les résultats de la recherche en solutions adaptées aux besoins des producteurs. Les travaux sur le compostage, les biostimulants et les méthodes biologiques de protection des cultures participent à cette dynamique. Leur diffusion à plus grande échelle nécessite cependant des dispositifs fiables de contrôle de qualité, des mécanismes de certification et des capacités de production suffisantes pour répondre à la demande agricole.

Une coopération régionale pour structurer les filières

Le directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centre du Fonds international de développement agricole (FIDA), Bernard Mwinyel Hien, a rappelé les pressions climatiques et économiques auxquelles sont confrontées les agricultures africaines. « Nos agricultures sont confrontées à de multiples urgences », a-t-il déclaré, évoquant notamment l’irrégularité des pluies, les sécheresses prolongées, la dégradation des sols et la dépendance aux intrants importés. Il a également souligné les conséquences des perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales sur la disponibilité des intrants et les prix supportés par les producteurs.

L’atelier régional offre aux participants un cadre d’échange sur les dispositifs réglementaires, l’assurance qualité et les modèles économiques susceptibles de favoriser le développement des filières de bio-intrants. Les délégations du Bénin, du Burkina Faso, du Liberia, du Kenya, du Malawi, du Mozambique, de la Sierra Leone et du Togo partagent leurs expériences et examinent des pistes de réponse aux difficultés rencontrées dans leurs pays respectifs.

À l’issue des travaux, les recommandations formulées doivent servir à élaborer des feuilles de route destinées à accélérer la production et l’adoption des bio-intrants. L’enjeu sera de traduire les acquis de la recherche et les échanges régionaux en actions concrètes, afin de rendre ces solutions plus accessibles aux exploitations agricoles et de contribuer à la durabilité des systèmes de production.

Morel GOUKOUE

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