Le Bénin prépare son nouveau Plan d’actions genre et changements climatiques (PAGCCB) pour la période 2026-2031. Réunis du 27 au 29 octobre 2026 à Ganna hôtel de Grand-Popo, décideurs politiques, Organisations Non Gouvernementales, collectivités locales, partenaires techniques et financiers, et acteurs du secteur privé et de la société civile examinent le bilan du plan 2023-2025 et le projet du prochain document, en vue de leur validation.
L’enjeu est de tirer les leçons des trois années écoulées pour mieux intégrer les besoins en matière du et des groupes vulnérables dans les politiques climatiques. Organisé par le Landscape Alliance à travers le Centre international de recherche en agroforesterie (ICRAF), l’atelier se tient dans le cadre du projet READINESS, financé par le Fonds Vert pour le Climat. Cette initiative vise notamment à renforcer les capacités du Bénin à mobiliser des financements climatiques et à intégrer le changement climatique dans la planification du développement local.
Pour Dr Djalal Arinloye, Directeur pays de Landscape Alliance au Bénin, l’élaboration du nouveau plan doit s’appuyer sur les enseignements de l’évaluation du précédent. « Le projet vise à appuyer l’évaluation nationale du plan d’action genre et changement climatique 2023-2025 qui est déjà arrivé à terme, afin de pouvoir comprendre ce qui a marché dans ce plan d’action, ce qui n’a pas marché et quelles sont les leçons à tirer pour développer une meilleure stratégie », a-t-il expliqué. Lancé en 2024, le projet Readiness prévoit également de renforcer la disponibilité des données climatiques, de recenser les technologies bas carbones éprouvées et de préparer des notes conceptuelles pour soutenir leur déploiement au profit des populations affectées par les changements climatiques.
L’accès des femmes à la terre reste un défi
Malgré les avancées du PAGCCB 2023-2025, l’accès des femmes à la terre demeure un défi. « Nous nous sommes rendu compte qu’il y a eu beaucoup de choses qui ont été réalisées dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan d’action, mais il y a encore des aspects sur lesquels il y a beaucoup d’améliorations à apporter, notamment en ce qui concerne l’accès des femmes à la terre », a souligné Aimée Azon Aboudou, cheffe de cabinet de la vice-présidence de la République. Le plan 2026-2031 devra mieux intégrer ces enjeux dans les politiques nationales et les plans de développement communaux. La prise en compte du genre conditionne également l’accès aux financements climatiques. « Quand vous élaborez un projet qui ne prend pas en compte le genre, ce projet-là ne peut pas avoir de financement », a rappelé Prisca JIMAJA ABLEY, cheffe du service Mobilisation des Ressources Financières au Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC). Pour identifier les besoins des bénéficiaires, le Fonds organise des consultations séparées, permettant notamment aux femmes de s’exprimer plus librement.

Un nouveau plan fondé sur les acquis du précédent
L’évaluation du PAGCCB 2023-2025 a mobilisé des institutions publiques, des communes, des intercommunalités et des organisations de la société civile. Elle a permis de recenser les actions menées et de relever les points à améliorer. « On a des leçons apprises, on a des recommandations à partir de là pour faire un nouveau plan pour 2026-2031 », a expliqué Apollinaire Oussou Lio, consultant associé à l’étude. La deuxième grande articulation de cet atelier a été consacrée à la revue et à l’adoption du projet du PAGCCB 2026-2031. Ce dernier prend en compte une meilleure intégration des enjeux liés au genre et aux changements climatiques dans les projets, les programmes et les politiques de développement.
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