À Cotonou, le workshop annuel de l’Africa Vegetable Breeding Consortium (AVBC) met la recherche variétale au service des défis du maraîchage africain. Depuis le 7 septembre, chercheurs, sélectionneurs et professionnels du secteur semencier confrontent leurs travaux pour développer des cultures plus productives, résistantes aux maladies et adaptées aux conditions de production.
Portée conjointement par le World Vegetable Center (WorldVeg) et l’African Seed Trade Association (AFSTA), l’initiative créée en 2018 entend rapprocher la recherche scientifique et le secteur semencier. Les travaux abordent notamment les questions de rendement, de qualité, de résistance aux maladies et d’adaptation aux contraintes climatiques.
La première journée a été consacrée à plusieurs avancées en matière de sélection et de protection des cultures. Dr Lourena Arone Maxwell, scientifique et phytopathologiste au WorldVeg, a ouvert les présentations avec les travaux consacrés à l’identification des pathogènes et à l’utilisation des cartes Fast Technology Analysis (FTA), destinées à faciliter la collecte et l’analyse d’échantillons. La tomate a ensuite occupé une place importante dans les échanges. Dr Assaf Eybishitz, scientifique senior et sélectionneur spécialisé en tomate, a présenté les recherches visant notamment à améliorer la résistance au flétrissement bactérien, principalement causé par Ralstonia solanacearum. Les travaux portent sur l’identification de sources de résistance et leur intégration dans les programmes de croisement. Du côté du piment, Dr Derek Barchenger, scientifique senior et sélectionneur mondial spécialisé dans cette culture, a exposé les avancées de l’amélioration génétique. Une étape qui illustre la diversité des cultures prises en compte par l’AVBC, au regard de leur importance dans l’alimentation et les marchés africains.
Après les présentations en salle, les participants se sont rendus dans les parcelles de démonstration de WorldVeg installées sur le campus de l’IITA à Abomey-Calavi. Les observations ont porté notamment sur les essais consacrés à la tomate et au piment. Chercheurs, sélectionneurs et professionnels du secteur semencier ont ainsi pu confronter les résultats présentés aux caractéristiques observées directement sur les parcelles.
Du gombo à l’amarante, des variétés à adapter aux besoins du marché
Le deuxième jour, les travaux se sont poursuivis à l’espace de coworking « L’Ovale » à Cotonou avec des présentations consacrées à la tomate, au gombo et à l’amarante. Pour le gombo, Dr Mathieu Ayenan, spécialiste en amélioration des plantes au World Vegetable Center, a présenté les recherches portant sur les maladies virales, la tolérance à la sécheresse et les caractéristiques recherchées par le marché. Selon les données présentées, l’Afrique de l’Ouest utilise environ 200 tonnes de semences de gombo par an, pour une valeur potentielle estimée à 23 millions de dollars. Pourtant, l’offre du secteur semencier formel demeure limitée dans plusieurs pays. Les travaux conduits sur 546 échantillons collectés dans six pays africains ont permis d’identifier différents isolats viraux. Parmi les résultats présentés, la lignée AVOK2604 se distingue par une première récolte obtenue en moins de 50 jours après le semis.
L’amarante fait également l’objet de travaux d’amélioration. Dr Alfred Ozimati, scientifique spécialisé dans l’amélioration variétale des légumes, a présenté les résultats portant sur la productivité, la qualité nutritionnelle et l’adaptation aux conditions de production. La meilleure performance présentée atteint 17,62 tonnes de feuilles commercialisables par hectare. Pour la tomate, les recherches se poursuivent notamment sur la résistance au virus de la mosaïque du concombre (CMV). L’approche consiste à identifier les sources de résistance, à les intégrer dans des croisements, puis à évaluer et valider les lignées et hybrides obtenus.
Au-delà des résultats scientifiques, le workshop cherche surtout à rapprocher les besoins du terrain des avancées de la recherche. Les travaux se poursuivront ce mercredi 9 septembre avec de nouvelles présentations consacrées notamment au haricot mungo, au poivron, à la citrouille et à l’aubergine africaine. De nouvelles cultures qui viendront élargir les échanges sur les pistes d’amélioration variétale et les solutions susceptibles de répondre aux contraintes du maraîchage africain.
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