Plusieurs acteurs du secteur agricole se retrouvent du 10 au 12 septembre 2026 à l’IITA d’Abomey-Calavi pour découvrir les performances de variétés maraîchères. À travers les Journées Portes Ouvertes (JPO) nationales, Rijk Zwaan et Holland Greentech Bénin entendent montrer, au-delà des semences, comment les technologies et les bonnes pratiques peuvent contribuer à rendre la production horticole plus productive et rentable.
Tomates, piments, choux, concombres, laitues et aubergines servent de support à trois jours de démonstrations et d’échanges sur la filière légumière. Producteurs, responsables d’organisations professionnelles agricoles, étudiants, techniciens, représentants de la Direction de la Production Végétale (DPV), du programme ACMA3 et simples curieux ont répondu présent au rendez-vous. De parcelle en parcelle, les visiteurs observent les cultures, interrogent les techniciens et cherchent à mesurer le potentiel des variétés présentées.
Pour Holland Greentech, ces journées sont surtout l’occasion de révéler qu’une autre façon de produire est possible. « C’est l’occasion de montrer qu’il est possible de faire l’horticulture, de la production maraîchère autrement. C’est aussi l’occasion pour nous d’attirer les jeunes autour du secteur et de montrer que c’est rentable », souligne Jelila Blalogoe, directrice régionale Afrique de l’Ouest de Holland GreenTech. « Nous le faisons pour les producteurs, parce qu’en fin de compte, ce sont les producteurs qui nourrissent la population », ajoute-t-elle.
Du plant au panier, les variétés passent le test
Dans les parcelles de démonstration, les variétés sont soumises au regard des producteurs. Selon Holland Greentech, leur choix ne repose pas uniquement sur le rendement. La résistance ou la tolérance aux contraintes, le calibre, la qualité des fruits, leur conservation après récolte et le goût constituent également des critères importants. Ainsi, plusieurs hybrides de tomate sont présentés. Les visiteurs découvrent des piments ronds, Loléza, Mawenzili, Red Jet RZ F1, ainsi que les variétés de chou Tacoma. D’autres cultures, comme la laitue et l’aubergine, complètent les démonstrations. Parmi les résultats présentés, Amburana peut atteindre 8 à 10 kg de fruits par plant en moyenne dans de bonnes conditions de production. Certaines variétés de piment affichent, elles, un potentiel annoncé autour de 32 tonnes à l’hectare.
Ces performances restent toutefois liées à la maîtrise des pratiques culturales, de l’irrigation, de la fertilisation et de la protection des cultures. Cette logique de valorisation des ressources intéresse d’ailleurs des acteurs venus d’autres horizons. Eder Hounsou, directeur technique de Gold Farmer, s’est rendu sur le site avec une problématique liée à l’aquaculture. « Dans mon activité en aquaculture, nous utilisons une certaine quantité d’eau et après, il faut que nous réutilisions cette eau-là. Donc, nous commençons à réfléchir sur quoi faire de cette eau qui sort de nos infrastructures », explique-t-il. La production végétale apparaît pour lui comme une piste de valorisation. Les essais de tomate, de piment et de concombre, ainsi que les systèmes de production observés sur le site, lui permettent d’explorer les possibilités d’une complémentarité entre aquaculture et maraîchage.
Holland Greentech élargit son accompagnement
La démarche de Holland Greentech lors de ces JPO va au-delà de la simple présentation de semences. L’entreprise prévoit d’accompagner dix producteurs désireux de se lancer dans la production sous serre. Cet accompagnement doit couvrir plusieurs étapes, de l’évaluation de la rentabilité et de la productivité au suivi de la production, jusqu’à la recherche de débouchés. L’objectif est de ne pas laisser le producteur seul face à l’investissement et aux exigences techniques d’un système sous serre. Cette initiative s’inscrit dans le projet « Bénin Horticulture », financé par l’ambassade des Pays-Bas. Le projet prévoit la mise en place de deux centres horticoles permanents au Bénin, l’un dans le sud (Allada) et l’autre dans le nord (Tchaourou). Le site de l’IITA sert déjà de vitrine aux technologies et pratiques appelées à être développées dans ces futurs centres.
Pour Ronald Lanmadoucelo, directeur pays de Holland Greentech, cette approche repose sur une idée simple. La performance d’une exploitation ne dépend pas uniquement de la semence. « La production n’est pas qu’une semence dans un sol », insiste-t-il, citant parmi les autres composantes nécessaires un bon système d’irrigation, une serre adaptée, des ressources humaines compétentes et de bons intrants. Cette vision se traduit aussi par la volonté de l’entreprise de travailler avec plusieurs catégories d’acteurs. Producteurs, transformateurs, industriels, agronomes, spécialistes de l’irrigation, experts du sol ou encore professionnels du marché ont chacun un rôle à jouer dans la construction d’une filière plus performante.
Green Tech City en ligne de mire
Les journées portes ouvertes constituent une première étape dans cette démarche. Holland Greentech donne déjà rendez-vous aux acteurs de la filière du 18 au 21 novembre 2026 pour la deuxième édition de Green Tech City. Consacré à l’agriculture et à ses secteurs connexes, le salon doit élargir les échanges aux questions d’industrie, de transformation, d’investissement, d’économie et de ressources humaines. Une manière de prolonger, à plus grande échelle, les discussions engagées dans les parcelles de l’IITA. « La transformation reste un enjeu capital. L’investissement reste un enjeu capital. L’économie reste un enjeu capital. La ressource humaine reste un enjeu capital », rappelle Ronald Lanmadoucelo. Pour lui, ces enjeux ne peuvent être traités séparément. « Nous avons besoin de travailler ensemble », a-t-il insisté. Du champ aux technologies, des semences au marché, les JPO auront donc posé les premiers jalons, avant un nouveau rendez-vous en novembre avec Green Tech City.
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