Le monde perd encore ses forêts plus vite qu’il ne parvient à les restaurer. C’est l’un des constats du rapport de la FAO intitulé « La Situation des forêts du monde 2026 : Restaurer les forêts et les paysages, la voie à suivre pour un avenir durable », publié en septembre 2026. L’organisation appelle à accélérer les efforts alors que la dégradation touche aussi largement les terres agricoles.
« Plus de 460 millions d’hectares de terres forestières sont aujourd’hui dégradés dans le monde, sur un total de 1,56 milliard d’hectares de terres dégradées toutes catégories confondues », indique le rapport. Les terres agricoles représentent plus de 1 milliard d’hectares de ces superficies, dont 480 millions de terres cultivées et 560 millions de pâturages. Plus de 60 % de la dégradation d’origine humaine concerne ainsi les terres agricoles.
Les pertes forestières repartent à la hausse
Depuis 1990, 489 millions d’hectares de forêts ont disparu dans le monde. Après un ralentissement de la perte nette entre 1990 et 2015, celle-ci est remontée à 4,12 millions d’hectares par an entre 2015 et 2025. L’Afrique et l’Amérique du Sud restent les principales régions confrontées à une perte nette de superficie forestière. Pour Qu Dongyu, Directeur général de la FAO, les efforts de restauration doivent être renforcés par des mesures « axées sur la dimension humaine » et des financements adaptés. Les forêts jouent notamment un rôle majeur dans le stockage du carbone, la biodiversité et les moyens d’existence des populations.
Des engagements encore peu suivis d’effets
Les engagements internationaux se multiplient, mais leur mise en œuvre reste limitée. Plus de 190 millions d’hectares ont été inscrits dans les engagements recensés par la FAO, alors que seuls 44 millions d’hectares ont été déclarés comme étant effectivement en cours de restauration dans ce même cadre.
À l’échelle mondiale, au moins 206,5 millions d’hectares de zones forestières et paysagères seraient actuellement en restauration. Ce niveau reste toutefois éloigné de la cible mondiale de restauration de 30 % des écosystèmes dégradés d’ici 2030.
La restauration représente également un enjeu économique. Selon la FAO, un dollar investi peut générer jusqu’à 30 dollars de retour dans des conditions favorables et sur le long terme. Mais les besoins restent importants : les financements annuels devraient passer de 64 milliards de dollars en 2022 à 296 milliards d’ici 2030 pour atteindre les objectifs actuels. L’organisation appelle également à mieux associer les communautés locales et les peuples autochtones, à sécuriser les droits fonciers et à intégrer la restauration dans les politiques agricoles et environnementales.
Mesurer les effets, pas seulement les hectares
Pour la FAO, le nombre d’hectares restaurés ne suffit pas à mesurer les progrès. L’évolution des sols, de la biodiversité, de l’eau et des conditions de vie doit également être suivie. Le Cadre de suivi de la restauration des écosystèmes (FERM), qui recensait 1 016 initiatives en avril 2026, doit notamment contribuer à améliorer ce suivi. La FAO annonce par ailleurs la publication du rapport complet en décembre 2026.
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