En Ethiopie, une partie de l’aide alimentaire aurait été détournée. Les Nations unies ont dû décider, vendredi, de l’arrêt immédiat et temporaire des livraisons. Mais le gouvernement éthiopien appelle l’ONU à revenir sur sa décision qui aggrave la pauvreté et la crise humanitaire déjà insupportables dans la Corne de l’Afrique.
Plus d’aide alimentaire mondiale en Ethiopie jusqu’à nouvel ordre. Telle est la sentence de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et du Programme alimentaire mondial (PAM). Des soupçons de vol de denrées alimentaires destinées aux personnes démunies planent en effet sur ce pays en panne d’aliments et menacé par la sécheresse.
« Le détournement de l’aide alimentaire est absolument inacceptable et nous nous félicitons de l’engagement pris par le gouvernement éthiopien d’enquêter et de demander des comptes aux responsables », a déclaré Cindy McCain, Directrice exécutive du PAM.
Il s’agit d’une suspension ; l’Agence américaine et l’institution onusienne reprendront leurs opérations « dès que nous pourrons garantir que les vivres parviennent aux personnes qui en ont le plus besoin », précise Cindy McCain. Par contre, certaines aides restent opérationnelles : l’aide nutritionnelle aux enfants, aux femmes enceintes et à celles qui allaitent, les programmes de repas scolaires et les activités visant à renforcer la résilience des agriculteurs et des éleveurs.
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La réaction du gouvernement éthiopien
Le pouvoir d’Addis-Abeba n’a pas digéré la décision de l’USAID et du PAM. Le porte-parole du gouvernement, Legesse Tulu appelle les deux institutions à reconsidérer leur verdict. Elles ont tranché suite aux informations faisant état de ce que les denrées alimentaires auraient été volées et vendues sur le marché local. Le gouvernement assure avoir commis une équipe pour enquêter sur ces soupçons.
« S’il y a des gens qui ont commis des crimes, les traduire en justice est la bonne chose à faire », a déclaré le porte-parole du gouvernement. Cependant, Legesse Tulu, cité par AA, affirme que l’Ethiopie n’aurait pas été impliquée dans les enquêtes menées par les deux organismes internationaux. Il martèle que la décision de suspension de l’aide alimentaire à son pays va compliquer la crise humanitaire et accentuer davantage la pauvreté. En Éthiopie, plus de 20 millions de personnes ont un besoin urgent d’aides alimentaires. Le pays traverse une grave sécheresse.
En mai dernier, l’USAID et le PAM ont décidé mêmement de suspendre l’aide alimentaire au Tigré. Il est toujours question du détournement d’une partie des vivres destinés aux nécessiteux.
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