Pour résoudre les conflits fonciers et leurs lourds impacts socioéconomiques et sécuritaires dans le monde rural, le Programme Approche Communale pour le Marché Agricole, phase 3 (ACMA3), a commandité une étude pour faire l’état des lieux des causes, de la nature, des manifestations et des conséquences des conflits fonciers dans ses zones d’intervention. Les travaux de terrain étant arrivés à leur terme, le programme a convié une soixantaine d’acteurs à un atelier de restitution de l’étude, les 25 et 26 septembre à Paouignan, afin d’établir une stratégie de gestion durable de ces conflits et de sécurisation de la terre.
Le Programme ACMA3, mis en œuvre par le Centre International de Développement des Engrais en consortium avec Care Bénin-Togo et l’Institut Royal des Tropiques (KIT), avec l’appui financier de l’Ambassade des Pays-Bas près le Bénin, s’est engagé sur une problématique cruciale pour les acteurs agricoles ruraux : le foncier.
En effet, les conflits liés à la possession des terres à usage agricole dans les zones rurales sont multiples et multiformes. Ils sont très souvent à l’origine de différends divers, entraînant des effets pervers qui portent un coup dur à la paix et à la cohésion sociale.

« L’analyse situationnelle réalisée au démarrage de la mise en œuvre du programme pour mieux appréhender le contexte du développement des filières agricoles et comprendre les défis auxquels sont confrontés les acteurs a relevé une fois de plus ces conflits, notamment les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs, aux conséquences lourdes aussi bien pour l’accroissement de la production agricole que pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations », a expliqué Rassidatou Moustapha, Adjointe au Chef Programme ACMA3 dans son discours d’ouverture.
Cette étude, qui s’aligne sur l’ambition du programme de créer un environnement politique local qui renforce la cohésion sociale, l’inclusion et favorise l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, a suscité la contribution de divers acteurs intervenants. Le programme a misé sur la collaboration avec les agriculteurs, les communes et intercommunalités, les tribunaux locaux de conciliation, ainsi que les organes déconcentrés de l’Agence Nationale du Domaine et du Foncier, comme les Bureaux Communaux du Domaine et du Foncier (BCDF).
D’après Pierre AHOLOUKPE, chef du bureau de l’ANDF de Djougou par intérim, ces bureaux travaillent en synergie avec les instances locales de gestion foncière, telles que les Comités de Gestion Foncière, les Sections Villageoises de Gestion Foncière et les tribunaux de conciliation, pour mener à bien la mission de sécurisation des terres, qu’elles soient rurales ou loties.
Une lueur d’espoir se dessine donc pour la gestion des conflits fonciers dans les départements d’intervention du programme ACMA3, à savoir les Collines, le Borgou et la Donga. D’ailleurs, Ibidon Fimin Akpo, maire de la commune de Ouèssè et président du Cadre de Concertation Intercommunal des Collines, mis en place par le programme, s’attend à des « actions concrètes que les conclusions de cette étude mettent en lumière, lesquelles peuvent être utiles dans la recherche d’approches de solutions innovantes de prévention ou de résolution des conflits fonciers qui minent le développement de nos territoires ». À terme, cet atelier devra aboutir à un document qui permettra d’atteindre cet idéal.
Méchac AWOKOLOÏTO



