Le FNDA poursuit sa mission de sensibilisation auprès des producteurs dans le cadre de la phase pilote du projet d’assurance agricole à indice de rendement. Le 30 mars 2025, au détour de l’émission 90 minutes pour convaincre de la Radio Nationale, experts et acteurs ont discuté de cette innovation, qui vise à soutenir les petits producteurs face aux risques climatiques et aux aléas naturels.
Étaient invités sur l’émission Calixte Midjangninou, directeur de la planification, du suivi et de l’évaluation au Fonds National de Développement Agricole (FNDA) et point focal de l’assurance agricole, Barthélémy Bognon, producteur de riz, membre du bureau du Conseil de concertation des riziculteurs du Bénin (CCRB) et président de l’Union départementale des riziculteurs de l’Ouémé, ainsi que Stéphane Akueson, directeur technique de NSIA Assurance.
Au Bénin, les risques de catastrophes naturelles sont bien réels. On dit souvent que « la terre ne ment pas« , néanmoins, les producteurs redoutent la rareté ou l’excès de pluies, les maladies des plantes, les sécheresses… qui peuvent dévaster partiellement ou totalement les cultures. De 1984 à 2020, des événements tels que les inondations, le vent, les tempêtes et les attaques d’insectes ont été régulièrement observés, explique Calixte Midjangninou. Ces risques affectent les récoltes et rendent la production incertaine.
Dans un contexte où le producteur n’était pas préparé à assurer ses champs, il était essentiel de lui trouver une solution adaptée. L’assurance agricole représente donc une mesure de prévention au cas où un sinistre surviendrait. Cependant, ce projet ne prend pas en compte, par exemple, les feux de brousse ou l’invasion des champs par les troupeaux de bétail. L’opérationnalisation de la phase pilote du projet d’assurance agricole est la main tendue du gouvernement, qui s’engage à soutenir les petits producteurs en prenant en charge les primes d’assurance pour atténuer les pertes économiques dues aux aléas climatiques.
Méthode de calcul de l’indemnisation
Pour déterminer si un producteur doit être assuré, le processus passe par la mise en place d’un carré de rendement. Selon les explications de Calixte Midjangninou, l’assurance agricole fonctionne sur la base des rendements historiques et actuels pour évaluer les pertes des producteurs agricoles. Chaque zone a un rendement moyen historique, qui représente les rendements typiques de cette zone au cours des années passées. À chaque saison, des rendements sont mesurés dans les champs des producteurs et comparés à ces rendements historiques.
Les producteurs agricoles deviennent éligibles à l’indemnisation lorsque le rendement de leur zone est inférieur à 70 % du rendement historique. Dans ce cas, ils peuvent recevoir une indemnisation. À l’en croire, l’assurance ne couvre pas l’intégralité de la superficie cultivée par le producteur. Par exemple, même si un producteur de riz possède 10 hectares, l’assurance ne prendra en charge que 1,5 hectare. La prime d’assurance est calculée en fonction de cette superficie moyenne.
« La fourchette de 1,5 hectare prend en compte le grand nombre de riziculteurs », précise le représentant du CCRB. Cette superficie représente la moyenne assurée pour ce type de culture, ce qui permet de rendre l’assurance accessible, notamment pour les petits exploitants agricoles. Pour le coton, la superficie assurée est de 2 hectares, et pour le bétail, l’assurance couvre jusqu’à 2 têtes de bétail. Le producteur peut choisir de payer pour couvrir une superficie plus grande. Dans ce cas, le reste n’est pas pris en charge par l’assurance.
Une protection axée sur les coûts des intrants
En cas de sinistre, « ce sont les intrants utilisés [qui sont couverts, Ndlr]. Et nous avons choisi certains intrants ayant une valeur de 130 000 francs CFA… Si l’indemnisation est nécessaire, elle ne peut pas dépasser 70 % de ce montant », a précisé le point focal de l’assurance agricole.
Lors des études de faisabilité, les différentes structures impliquées ont déterminé que la valeur monétaire des intrants (NPK, urée, etc.) utilisés sur un hectare de riz s’élève à 130 000 francs CFA. En cas de sinistre, une partie de ce montant est versée à l’exploitant. Pour les éleveurs, c’est le fourrage naturel qui est pris en compte pour évaluer le sinistre. Des équipements nécessaires ont été mis en place pour déterminer si le fourrage est déficitaire ou non. Le cabinet Pula Advisor, partenaire technique chargé de l’implémentation, continue de travailler sur cet aspect, car les éleveurs ont demandé que la question de la vaccination soit également prise en compte.
« L’assurance agricole est venue vraiment à point nommé… Nous, en tant que responsables d’OPA, allons sensibiliser nos pairs », a souligné Barthélémy Bognon. Il faut préciser que tous les calculs qui permettent d’évaluer l’éligibilité du producteur à une indemnisation se font en sa présence. À la fin du processus, il signe une fiche qui atteste de la bonne mesure de ses récoltes.
Si, pendant longtemps, les assureurs ne se sont pas engagés sur cette voie, cela était dû au fait que « l’activité agricole est vraiment aléatoire » et au « manque de données précises ». Pour les assureurs, il était nécessaire de maîtriser le secteur, la sinistralité et de trouver le bon soutien en cas de sinistre. Pendant des années, les données précises étaient inexistantes pour y parvenir. Une situation aujourd’hui révolue.
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