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Burkina Faso : Suspension des importations de riz pour soutenir la production locale

Le gouvernement burkinabè a officiellement suspendu les importations de riz jusqu’à nouvel ordre sur l’ensemble du territoire national à compter du 29 avril 2026.

Annoncée par communiqué officiel, cette décision vise à favoriser l’écoulement de la production nationale et à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Elle entraîne également l’arrêt de la délivrance des Autorisations spéciales d’importation (ASI). «Les importateurs détenant à ce jour des ASI du riz en cours de validité disposent d’un délai de deux (02) mois pour accomplir les formalités d’importation.» prévient le communiqué

Elle intervient dans un contexte marqué par une amélioration significative des performances agricoles nationales. D’après les résultats officiels communiqués par le gouvernement le 30 janvier 2026, la campagne agricole 2025-2026 a enregistré une production céréalière globale estimée à environ 7,14 millions de tonnes, avec un taux de couverture des besoins de 126,4 %, traduisant une situation globalement excédentaire à l’échelle nationale. Ainsi, la filière rizicole connaît une progression notable. Selon les données du ministère de l’Agriculture, la production nationale a franchi pour la première fois le seuil du million de tonnes au cours de la campagne 2025-2026. Cette performance est liée aux investissements engagés dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique lancée en 2023, visant à accroître durablement la production agricole.

Cette évolution s’inscrit également dans une tendance régionale. D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la production céréalière en Afrique de l’Ouest progresse ces dernières années sous l’effet des politiques de modernisation agricole et de renforcement de la résilience alimentaire. Dans cet environnement, les autorités cherchent à mieux encadrer les flux commerciaux afin de consolider les acquis de la production nationale. La suspension des importations apparaît ainsi comme un levier de régulation du marché intérieur, destiné à soutenir la commercialisation du riz local.

Parallèlement, la stratégie gouvernementale repose sur des investissements structurels visant à réduire durablement la dépendance aux marchés extérieurs. Selon la Banque mondiale, le Burkina Faso dépendait encore majoritairement des importations pour couvrir sa consommation de riz au cours des dernières années, avec une proportion estimée entre 50 % et 70 %.

Portée par les progrès récents du secteur agricole et l’atteinte d’un excédent céréalier global en 2025-2026, cette orientation traduit une volonté d’accélérer la transition vers une plus grande autonomie alimentaire. Elle devrait, à court terme, contribuer à stabiliser le marché intérieur en limitant la concurrence des produits importés, tout en incitant les acteurs de la filière à améliorer la qualité et la distribution du riz local afin de répondre durablement à la demande nationale.

Morel GOUKOUE

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