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Cacao ivoirien : L’État et les producteurs tournent la page de la crise

La filière café-cacao de Côte d’Ivoire engage sa sortie de turbulences. Réunis à Abidjan le 9 avril 2026, gouvernement, producteurs et organisations professionnelles ont affiché un front uni pour clore les tensions héritées de la campagne 2025-2026 

Cette rencontre vise à poser les jalons d’une relance durable, autour de trois enjeux centraux : la liquidation des stocks résiduels, la stabilisation des prix et la préparation des prochaines saisons. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a d’emblée replacé la crise dans sa dimension internationale. Selon lui, la chute des cours mondiaux du cacao a frappé l’ensemble des pays producteurs, sans exception. Dans ce contexte difficile, le gouvernement ivoirien a maintenu le prix bord champ à 1 200 FCFA/kg, une décision présentée comme volontariste au regard des pressions du marché. Au total, l’effort financier de l’État s’élève à près de 231 milliards de FCFA mobilisés en faveur des planteurs, en complément des 291 milliards déjà engagés antérieurement. « Il s’agit de préserver les revenus des planteurs tout en maintenant les équilibres du système de stabilisation », a expliqué le ministre, saluant par ailleurs la posture de responsabilité des producteurs face à la crise.

Déstockage en phase finale, relance en vue

Du côté de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), le président Siaka Diakité, dont la déclaration a été lue par le vice-président Obed Doua Blondé, a annoncé que les opérations de déstockage porteront désormais sur un volume résiduel de 23 830 tonnes, après réallocation des quotas initialement attribués à certaines entreprises au profit des producteurs et des coopératives. Une accélération des enlèvements est attendue dans les prochains jours pour fluidifier la commercialisation.

Dans la même veine, le Directeur général du Conseil Café-Cacao, Koné Brahima Yves, a appelé les producteurs à ne pas différer la mise en marché de leurs stocks, rappelant que le cacao entreposé trop longtemps se dégrade et perd en valeur commerciale. « La crise arrive progressivement à son terme », a-t-il affirmé, invitant la filière à se tourner résolument vers la campagne intermédiaire.

Réformes structurelles pour bâtir une filière plus solide

Au-delà de la gestion de l’urgence, la réunion a ouvert la voie à une réflexion plus large sur le modèle de stabilisation du cacao. Le ministre Bruno Nabagné Koné a annoncé l’organisation prochaine de concertations avec l’ensemble des acteurs du secteur, afin d’envisager des ajustements structurels capables de renforcer la résistance de la filière aux chocs extérieurs et de sécuriser durablement les revenus des producteurs.

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, entend consolider ce leadership en bâtissant une filière plus équitable et plus résiliente face aux soubresauts des marchés internationaux.

Ablam AKODJEVO

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