La campagne agricole 2025-2026 au Bénin a enregistré plus de 52 000 tonnes de pertes agricoles sur plus de 15 000 hectares dans le département de l’Ouémé, en raison des inondations. C’est ce qui ressort du bilan présenté par Marcel Adjokpo, responsable des statistiques agricoles à la Direction départementale de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (DDAEP) de l’Ouémé, le 9 octobre 2026 à Porto-Novo.
L’eau est indispensable à l’agriculture, mais quand elle déborde, elle devient un danger pour ceux qui vivent de la terre. Dans l’Ouémé, les fortes pluies de la dernière campagne ont bouleversé le travail des champs et fait disparaître une grande partie des récoltes. Ce constat a dominé la revue trimestrielle du secteur agricole, consacrée aux activités du troisième trimestre de 2026. Devant l’ampleur des dégâts, Marcel Adjokpo rappelle que la gestion de l’eau tient une place de choix dans la vision du ministère de l’Agriculture. L’idée est de mieux contrôler les ressources hydriques pour amortir l’effet des fortes pluies sur les cultures et permettre aux exploitants de produire davantage.
La revue a aussi servi à faire le point sur le travail de la DDAEP de l’Ouémé. D’après son responsable, plus de 75 % des activités prévues ont été exécutées, et les indices d’efficacité et d’efficience dépassent un. Les participants ont échangé sur les actions menées, partagé leurs expériences et réfléchi à des moyens de mieux faire.
Deux exposés ont également marqué les travaux. Le premier portait sur les interventions du Projet de productivité agricole et de protection sociale des producteurs de maïs au sud du Bénin. Le second présentait les nouvelles réformes sur la structuration, le fonctionnement et la gouvernance des organisations professionnelles agricoles. Les rapports d’activités du secteur ont enfin été examinés, avec en ligne de mire les prochaines revues trimestrielles.
Des revues réorganisées à partir de 2027
La rencontre de Porto-Novo a aussi permis d’annoncer un changement de format pour les revues trimestrielles dès 2027. La DDAEP les divisera en deux zones géographiques, pour mieux coller aux réalités agricoles du département. Dans la première, on retrouvera les communes du sud : Akpro-Missérété, Adjarra, Avrankou, Porto-Novo et Sèmè-Podji. La seconde réunira celles de la vallée de l’Ouémé : Adjohoun, Bonou, Dangbo et Aguégués. Avec des présentations plus courtes et des échanges regroupés, les travaux passeront de trois à deux jours.
Une protection financière qui se renforce au niveau national
Ces pertes surviennent alors que le pays muscle ses dispositifs de protection des producteurs. Le 7 août 2026, le gouvernement a annoncé le versement de 561,8 millions de FCFA d’indemnisations à 94 905 producteurs de riz et de coton touchés par des pertes de rendement. L’assurance agricole, qui prend en charge 80 % des primes, devrait couvrir 122 000 producteurs lors de la campagne 2026-2027. En outre, à travers ces rencontres, la DDAEP de l’Ouémé veut mieux suivre les activités agricoles et gagner en efficacité.
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