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Caravane de la Route de la Soie 2026 : Les pâturages au cœur d’un voyage mondial

Une caravane internationale menée par la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification  ( CNULCD) parcourt  huit pays d’Eurasie, reliant Riyad à Oulan-Bator. Elle vise à mettre en lumière le rôle des pâturages et des communautés pastorales dans la restauration des terres et la lutte contre la désertification, à l’approche de la COP17.

Sur les anciennes routes de la soie, autrefois parcourues par des caravanes transportant épices, étoffes et savoirs, une nouvelle expédition prend forme en 2026. Mais cette fois, les cargaisons sont immatérielles : récits d’éleveurs, savoirs pastoraux, constats sur la dégradation des terres et plaidoyer pour une restauration des écosystèmes fragiles. Portée par la CNULCD, la Caravane de la Route de la Soie 2026 s’inscrit  dans la continuité des engagements portés lors de la COP16 et en prélude à la COP17 prévue en Mongolie sur le thème  « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ».

Une traversée de 6 000 kilomètres sur les lignes de fracture du climat

Du 6 au 15 mai 2026, la première étape médiatique de cette caravane s’ouvre en Turquie. Elle marque le début d’un périple de plus de 6 000 kilomètres reliant Riyad à Oulan-Bator, à travers la Jordanie, la Turquie, la Russie, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et la Chine. Au-delà de la géographie, c’est une continuité humaine et écologique que le projet entend raconter : celle des peuples pasteurs, longtemps façonnés par la mobilité, aujourd’hui confrontés à la sédentarisation forcée, aux sécheresses et à la pression sur les ressources naturelles.

Première séquence du voyage, la Turquie servira de terrain d’observation privilégié. Les équipes sont attendues à Erzurum, Malatya, Gaziantep et Antalya. Dans ces régions, les participants observeront des pâturages de haute altitude soumis à des pressions climatiques croissantes, des projets de restauration des terres dégradées, des initiatives de relèvement rural après des catastrophes naturelles et des systèmes d’élevage encore fortement dépendants des cycles saisonniers. Pour les organisateurs, cette étape doit permettre de documenter concrètement les transformations des systèmes pastoraux, entre résilience et fragilité.

Les pasteurs au cœur de la transition écologique

Pour la CNULCD, les pâturages ne sont pas des espaces marginaux mais des écosystèmes stratégiques. Ils couvrent plus de la moitié des terres émergées et soutiennent les moyens de subsistance d’environ deux milliards de personnes. La caravane entend ainsi repositionner les communautés pastorales comme des acteurs clés de la restauration des terres, et non comme de simples victimes de la dégradation environnementale.

En empruntant les anciens itinéraires caravaniers, le projet tisse un lien entre mémoire et avenir. Les routes commerciales d’hier deviennent ici des corridors d’alerte climatique et de diplomatie environnementale. Le périple s’achèvera en Mongolie, lors de la COP17 de la CNULCD, un rendez-vous décisif pour évaluer les engagements internationaux sur la restauration des terres dans un contexte de crise climatique accélérée. Au-delà du voyage, la caravane cherche à déplacer le centre du récit climatique mondial vers les territoires pastoraux , espace où se joue, silencieusement, une partie essentielle de la résilience des écosystèmes et des sociétés humaines.

Auriol HOUDEGBE

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