De passage à Lokossa dans le cadre de sa tournée dans les champs de maïs du département du Couffo, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche a dévoilé une réponse technologique majeure : le recensement général du bétail et l’imposition d’étiquettes auriculaires à code QR pour éviter les conflits entre éleveurs et agriculteurs.
Résoudre durablement l’épineuse question de la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs demeure une priorité absolue pour le gouvernement béninois. Devant les autorités locales, les maires et les acteurs du monde rural rassemblés à Lokossa, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan, a exposé la vision stratégique de l’État pour mettre un terme définitif aux tensions récurrentes qui secouent les zones rurales. Au cœur de cette politique figure une innovation inédite : la digitalisation complète du cheptel national.
Sur le terrain, le principal obstacle au règlement pacifique des litiges résidait jusqu’ici dans l’incapacité d’identifier avec certitude les propriétaires des animaux responsables de la destruction des récoltes. La nouvelle approche gouvernementale vise à lever ce verrou en instaurant un recensement exhaustif de l’ensemble du bétail béninois. À l’issue de ce comptage, chaque bovin sera muni d’une étiquette fixée à l’oreille et portant un code QR unique. Comme l’a souligné le ministre devant les élus locaux, ce marquage permettra de connaître instantanément, par un simple scan, la région d’origine de l’animal, sa commune de rattachement ainsi que l’identité précise de son propriétaire.
Ce dispositif simplifie considérablement la recherche des responsabilités et la collecte des preuves. En cas de dégâts occasionnés dans une exploitation agricole, il suffira au producteur ou aux autorités locales de prendre une photo ou une vidéo de l’étiquette portée par l’animal et de la transmettre aux forces de l’ordre pour engager immédiatement les poursuites prévues par la loi.
Outre la gestion des litiges locaux, ce système de marquage numérique constitue un instrument de contrôle rigoureux aux frontières. Alors que la transhumance intercommunale fait l’objet d’un encadrement strict sur le territoire national, la transhumance transfrontalière demeure formellement interdite au Bénin. L’étiquette auriculaire servira désormais de critère d’appartenance : tout animal dépourvu de ce code QR sera d’emblée considéré comme provenant d’un pays voisin et traité comme tel par les services compétents.
Cette numérisation de la transhumance forme le troisième pilier d’une stratégie globale plus vaste présentée par l’autorité ministérielle. Elle s’accompagne en premier lieu du balisage des corridors de circulation à l’aide de haies végétales de campêche, afin de permettre au bétail de se déplacer sans piétiner les cultures, un maillage déjà initié dans le Nord et le Centre qu’il convient désormais d’étendre jusqu’au Sud. En second lieu, le gouvernement déploie, à travers le ProSeR (Projet de Sédentarisation des Troupeaux de Ruminants au Bénin), des aires de pâturage aménagées et dotées de points d’eau pour fixer les animaux sur des parcours sécurisés.
En sollicitant une synergie d’action constante entre les maires, les préfets, les éleveurs et les producteurs, le gouvernement réaffirme sa volonté de préserver la cohésion sociale tout en sécurisant les investissements agricoles sur l’ensemble du territoire national.
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