Du 7 au 10 avril 2026, la ville de San Pedro a accueilli le Salon mondial de l’agroécologie (SMAE 2026). Ces quatres jours de travaux ont abouti à la création d’un Forum mondial de l’agroécologie, pour fédérer les acteurs du secteur et ancrer durablement ces pratiques au cœur des territoires.
Panels, ateliers, conférences et partages d’expériences ont rythmé les travaux. De ces échanges est ressorti les initiatives agroécologiques, aussi prometteuses soient-elles, souffrent d’un manque criant de coordination à l’échelle mondiale. Le Forum se veut précisément une réponse à cette dispersion. En rassemblant associations, organisations paysannes, centres de recherche et partenaires techniques autour d’une vision commune, il ambitionne de transformer des efforts isolés en une dynamique collective cohérente. Des participants venus de la République démocratique du Congo, de la Tunisie et d’autres pays ont activement contribué à définir les contours de ce cadre fédérateur.
Le producteur au cœur du dispositif
L’une des orientations fortes du Forum est la place centrale accordée aux producteurs. Loin d’être de simples bénéficiaires, les agriculteurs sont ici pleinement impliqués dans les échanges et les prises de décision, une approche saluée par l’ensemble des participants.
Cette philosophie s’est également traduite dans les méthodes de travail. À travers des ateliers participatifs, chercheurs et agriculteurs ont confronté leurs expériences pour faire émerger des solutions ancrées dans les réalités du terrain. Pour consolider cette dynamique, le Forum prévoit de s’appuyer sur un réseau de points focaux dans chaque pays, chargés de coordonner les actions locales et de faire remonter les besoins des producteurs.
Des préoccupations de terrain bien réelles
Car les défis restent nombreux. Maladies des cultures, baisse des rendements, dégradation des sols, usage inadapté des intrants chimiques : les préoccupations exprimées à San Pedro témoignent de l’urgence d’agir. « Les produits chimiques que nous utilisons ne sont pas adaptés à nos cultures. Aujourd’hui, tout ce que nous plantons ne nous apporte plus grand-chose », confie une productrice présente au salon.
Si les solutions ne sont pas encore toutes trouvées, les échanges ont permis d’identifier des pistes concrètes, notamment à travers le partage d’expériences entre pays confrontés à des problématiques similaires.
Le Bénin prêt à structurer son cadre national
Avec la mise en place d’un comité ad hoc, le Forum entre désormais dans une phase opérationnelle. Chaque pays est appelé à structurer sa participation à travers des cadres nationaux. Au Bénin, la dynamique est déjà amorcée. « Quand je vais rentrer au Bénin, je vais appeler toutes les structures et fédérations qui travaillent dans l’agroécologie. On va se réunir pour mettre en place le cadre béninois du Forum mondial de l’agroécologie », annonce l’un des représentants béninois. Une démarche qui traduit la volonté collective de faire vivre les conclusions du salon bien au-delà de l’événement.
Un socle solide pour l’avenir
Au bilan, les participants retiennent la richesse des échanges et le caractère inclusif de cette première édition. « Contrairement à d’autres forums, ici il y a eu beaucoup de communication, beaucoup d’ateliers où on a appris et échangé », résume un acteur engagé.
Malgré quelques ajustements à prévoir, cette édition inaugurale est perçue comme un socle solide pour structurer l’agroécologie à l’échelle internationale. De San Pedro, un signal fort a été envoyé au monde : l’agroécologie ne se construit plus dans la dispersion, mais dans l’unité.
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