La Salle bleue du Palais des Congrès de Cotonou abrite, du 24 au 26 septembre 2026, la 2ᵉ édition des Journées vétérinaires du Bénin(JVB). Placée sous le thème « Innover en santé et production animale pour renforcer la résilience et la cohésion sociale », la rencontre réunit des professionnels de la santé et de la production animales, des chercheurs, des enseignants, des étudiants et différents acteurs des filières animales pour échanger sur les enjeux actuels du secteur et les solutions innovantes à promouvoir.
Dans un contexte marqué par les maladies émergentes, l’insécurité dans les zones pastorales, les exigences de sécurité sanitaire des aliments et les enjeux de compétitivité, la santé animale occupe une place centrale dans les échanges. À ce titre, la rencontre offre aux professionnels du secteur un cadre pour partager leurs expériences, renforcer la collaboration entre acteurs et examiner les solutions liées à la santé et à la production animales.
Santé animale et performances au cœur des échanges
Au lancement des travaux, Adin Yéton Bloukounon Goubalan, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, a mis l’accent sur l’amélioration des performances des élevages. « Nous voulons produire davantage de viande. Nous voulons produire davantage de lait. Nous voulons améliorer la performance de nos élevages et progressivement augmenter le nombre d’emplois disponibles », a-t-il déclaré. Insistant sur la prévention, la vaccination, la surveillance épidémiologique et la biosécurité, il a également souligné la nécessité de disposer de technologies, de laboratoires, d’infrastructures et de ressources humaines adaptées. Pour lui, « il n’y a pas de souveraineté productive sans santé animale ». Il attend ainsi des travaux des recommandations concrètes susceptibles d’éclairer les décisions publiques.
Pour Christian Dovonou, président de l’Ordre national des médecins vétérinaires du Bénin (ONMVB), les filières animales font notamment face aux maladies émergentes, à l’insécurité dans les zones pastorales, aux exigences de sécurité sanitaire des aliments, à la compétitivité et à l’emploi des jeunes. À l’interface entre santé animale, santé humaine et protection de l’environnement, les professionnels vétérinaires sont également concernés par ces différents enjeux. « Innover, c’est aussi améliorer les pratiques, renforcer la collaboration entre acteurs, favoriser le transfert des connaissances et mettre la science au service du développement », a-t-il souligné, appelant à traduire les investissements réalisés dans le sous-secteur en résultats concrets pour les producteurs, les consommateurs et l’économie nationale.

Sur le volet de la formation, Yalassé Yamba Kaboret, professeur à l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires de Dakar (EISMV), a partagé l’expérience de son établissement en matière de formation des futurs médecins vétérinaires. Il a notamment évoqué le recours à la simulation clinique, permettant aux étudiants de se familiariser avec certaines situations avant leur mise en pratique sur les animaux. Cette approche vise à renforcer les compétences pratiques des apprenants et à mieux les préparer aux réalités de leur future profession. Le professeur a également insisté sur l’importance de la recherche et des collaborations interdisciplinaires, dans une approche « One Health », qui prend en compte les liens entre santé animale, santé humaine et environnement. « La médecine humaine préserve l’homme et la médecine vétérinaire préserve l’humanité », a-t-il rappelé.
Ces préoccupations interviennent dans un contexte où les besoins en produits animaux restent importants. En 2026, le Bénin produit environ 20 000 tonnes de produits avicoles pour une consommation d’au moins 100 000 tonnes. Pour la campagne agricole 2026-2027, les prévisions gouvernementales tablent par ailleurs sur une hausse de 8 % de la production de viande et de 14 % de celle des œufs.
Au-delà des échanges scientifiques, les JVB sont appelées à déboucher sur des propositions concrètes. Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche a invité les participants à formuler des recommandations pouvant contribuer aux prochaines décisions publiques dans le secteur de l’élevage. Cette attente intervient alors que le Bénin prépare une nouvelle approche d’investissement dans les filières agricoles, à travers les Programmes d’investissement filières (PIF).
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