La tournée d’apprentissage consacrée aux hybrides de maïs résilients pour l’Afrique, qui s’est tenue du 20 au 26 avril 2026, a officiellement pris fin sur une note positive. Organisée sous l’égide de l’IITA, cette initiative a réuni des représentants des systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA) de quatre pays d’Afrique de l’Ouest : le Ghana, le Mali, le Bénin et le Nigéria.
Tout au long de la semaine, les participants ont visité plusieurs institutions de référence en Zambie et au Zimbabwe, notamment Seed Co, Zamseed, l’Agricultural Research Trust (ART) et le CIMMYT. Ces échanges leur ont permis d’acquérir une expérience concrète sur l’ensemble de la chaîne semencière hybride, de la sélection variétale et de la gestion des essais jusqu’à la production, le conditionnement et la distribution des semences.
Un enseignement central a émergé de cette tournée. La robustesse d’un système agricole conditionne directement l’adoption des innovations. En s’inspirant de pays où les filières semencières hybrides sont bien établies, les participants repartent avec des outils concrets pour accélérer, dans leurs pays respectifs, le passage des variétés à pollinisation libre, souvent peu productives, vers des hybrides performants et adaptés aux aléas climatiques.
Alors que le taux d’adoption actuel des semences hybrides en Afrique de l’Ouest plafonne à 25 %, l’objectif affiché est d’atteindre 60 % d’ici dix ans. Il s’agit désormais de traduire les leçons apprises en actions concrètes. Celle de renforcer les systèmes semenciers, améliorer les rendements agricoles et transformer durablement les conditions de vie des producteurs de la région.
L’Afrique de l’Ouest figure parmi les zones maïsicoles les plus importantes du continent. Le Nigéria, à lui seul, produit plus de 10 millions de tonnes par an. Pourtant, les rendements à l’hectare restent insuffisants en raison d’une dépendance persistante aux variétés à pollinisation libre. La croissance de la production repose ainsi davantage sur l’extension des surfaces cultivées que sur de véritables gains de productivité, engendrant des déficits structurels d’approvisionnement. L’adoption des hybrides ouvre la voie à un doublement des rendements sans nécessiter d’expansion des terres agricoles. Cette transition exige toutefois des programmes nationaux de sélection solides et des filières semencières performantes, d’où l’importance de renforcer les capacités des partenaires SNRA dans le développement, l’adaptation et la diffusion des technologies hybrides.
Cette tournée s’inscrit dans le cadre du projet « Resilient Maize Hybrids for Africa (2026–2028) », nouvellement lancé et financé par la Fondation Gates. Ce programme vise à accompagner les agriculteurs d’Afrique de l’Ouest dans leur transition vers des variétés de maïs hybrides à haut rendement et résilientes face aux changements climatiques.
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