ActualitésAfriqueagro-business

Filière soja : l’IITA installe un dispositif de sélection accélérée en Zambie

L’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) a inauguré, 30 mars 2026 en Zambie, une installation dédiée à la sélection accélérée du soja, une première en Afrique subsaharienne.

Dans un contexte de forte progression de la demande mondiale en soja, cette innovation renforce la position de l’Afrique sur ce marché. Elle permet ainsi le développement de variétés plus productives, adaptées au climat et résistantes aux maladies, au bénéfice des petits exploitants.

Grâce à un contrôle précis de la lumière, de la température et de l’humidité, cette infrastructure permet d’obtenir plusieurs générations de plantes par an, réduisant le temps de développement des nouvelles variétés de soja de huit ans à quatre ou cinq ans. De ce fait, elle vise à répondre plus rapidement aux menaces telles que la rouille du soja ainsi qu’aux effets du changement climatique.

Pour la Zambie, l’enjeu est également économique, d’autant que le pays ambitionne d’atteindre une production d’un million de tonnes à l’horizon 2030. Dans ce sens, Chizumbna Shepande, directeur au ministère de l’Agriculture, a souligné l’importance de cette innovation  « Cette installation renforce notre capacité à répondre à la demande mondiale croissante de soja, notamment compte tenu de l’évolution de la dynamique des marchés internationaux. » a-t-il affirmé, rappelant que l’atteinte de cet objectif nécessite l’innovation, des systèmes semenciers améliorés et l’accès à des variétés performantes.

Quant à David Chikoye, directeur du hub Afrique australe de l’IITA et directeur pays de l’IITA en Zambie, il a insisté sur la nécessité de développer des variétés adaptées aux réalités agricoles « Notre priorité est de développer des variétés de soja précoces à moyennement matures, à haut rendement, résilientes face au climat et résistantes aux maladies comme la rouille du soja ; des caractéristiques essentielles pour les petits exploitants agricoles », a-t-il affirmé, rappelant également l’importance des partenariats et de l’innovation centrée sur les agriculteurs.

La mobilisation des investissements apparaît ainsi comme un levier déterminant pour accompagner cette dynamique d’innovation agricole. Elle contribue notamment à renforcer les capacités de recherche, à améliorer la diffusion des semences et à soutenir les producteurs dans l’adoption de nouvelles variétés.

Jeff Ehlers, responsable principal de programme à la Fondation Gates, a souligné que cet investissement cible les petits exploitants agricoles, souvent insuffisamment desservis par le secteur privé. « Grâce aux essais variétaux réalisés directement dans les exploitations, nous pouvons comprendre les préférences des agriculteurs et adapter les variétés en conséquence », a-t-il ajouté.

En outre, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation des systèmes agricoles africains, en misant sur l’innovation scientifique et des approches centrées sur les besoins des producteurs.

Morel GOUKOUE

LIRE AUSSI NIGERIA : l’IITA entre dans le prestigieux cercle Ramsar

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
%d blogueurs aiment cette page :

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité