ActualitésAlimentationEnvironnement
A la Une

Maraîchage : un chercheur béninois fabrique ce bio-insecticide

Bien de nuisibles rendent la vie dure aux maraîchers et ceux-ci ont recours à des produits phytosanitaires parfois trop puissants pour éliminer ces ravageurs. En lieu et place de ces substances néfastes pour l’environnement et, de surcroît, pour la santé, un Enseignant-chercheur béninois, professeur Thierry Alavo a proposé une solution biologique. Une composition d’eau et d’huile de Colza destinée au maraîchage.

Plus besoin d’insecticides toxiques pour éliminer pucerons, mouches blanches et autres aleurodes. Les maraîchers béninois ont désormais une alternative biologique produite localement. « Ce que vous voyez dans ces bouteilles, c’est une parfaite émulsion contenant uniquement de l’eau et l’huile de colza [une plante dont la graine fournit une huile pour divers usages] », dévoile l’enseignant-chercheur sur sa page Facebook dimanche.

En illustration à la publication, une photo où sont disposées en demi-cercle, treize (13) gourdes chacune à moitié remplie. « C’est une préparation bio-insecticide fabriquée par votre humble serviteur, afin de permettre aux maraîchers de mettre sur le marché des légumes sains », ajoute-t-il.

LIRE AUSSI Bénin : des systèmes d’irrigation pour trois coopératives maraichères de Zè

Des résultats concluants

Pour en arriver à ce résultat final, il a fallu patienter, démontrer et expérimenter. En effet, tout a commencé en Allemagne, raconte le fondateur du Centre Edward Platzer à l’université d’Abomey-Calavi (UAC). Les travaux sont ensuite poursuivis au Bénin.

Il fallait d’abord démontrer la capacité de l’huile de colza (une huile de cuisson, disponible dans les supermarchés) à tuer les ravageurs piqueurs-suceurs comme les pucerons et les mouches blanches.

L’enseignant était sur le projet avec plusieurs de ses étudiants de Master et un doctorant. Enfin, « les résultats ont été concluants et plusieurs articles scientifiques ont été publiés à ce sujet », déclare le Professeur titulaire.

Le processus de l’émulsion parfaite

Si la démonstration des propriétés de l’huile de colza a été concluante, son mélange homogène avec l’eau restait problématique. En attendant de trouver la solution définitive, le chercheur devrait « secouer le mélange toutes les 2-3 minutes » pour traiter ses plantes de maison.

Confiné lors de la crise de Covid-19, en 2020, il a poussé sa réflexion loin. « C’est dans cette période que j’ai élaboré le processus pour l’obtention de l’émulsion parfaite que vous avez à l’image ; ceci sur la base d’une observation faite par pur hasard », confie l’agronome de renom.

Une fois l’émulsion obtenue, il en a lui-même testé « l’efficacité sans faille » contre les pucerons et les mouches blanches. Au bout de trois (3) ans, « je peux [maintenant] recommander ce bio-insecticide aux maraîchers et leur demander de lancer leurs commandes », conseille-t-il.

Quid de l’enseignant-chercheur en question ?

Thierry Alavo. Professeur titulaire des universités, fondateur du Laboratoire d’Entomologie Appliquée/Centre Edward Platzer à l’université d’Abomey-Calavi
Thierry Alavo. Professeur titulaire des universités, fondateur du Laboratoire d’Entomologie Appliquée/Centre Edward Platzer à l’université d’Abomey-Calavi

Il s’appelle Thierry Alavo. Professeur titulaire des universités, il a fondé le Laboratoire d’Entomologie Appliquée/Centre Edward Platzer à l’université d’Abomey-Calavi en 2012. Amoureux de la science, il n’a pas la langue de bois quand il s’agit de dénoncer les entraves de la recherche scientifique. « On vit dans un pays bizarre, mais pour l’amour de la Science, je ne peux pas baisser les bras », a récemment déclaré l’homme.

Le professeur Thierry Alavo a fait des études en agronomie en protection des végétaux à l’université nationale d’agriculture d’Ukraine (1990-1995). Il a obtenu un doctorat en lutte biologique contre les insectes à l’université Humboldt à Berlin (Allemagne) en 2000. C’est l’un des rares enseignants respectés du domaine de l’agronomie, très engagé à la fois dans la pratique agricole. Il pratique à domicile l’agriculture.

Emmanuel M. LOCONON

LIRE AUSSI Europe : une agriculture sans pesticides envisagée en 2050

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
%d blogueurs aiment cette page :

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité