Pilier fondamental de l’économie béninoise, le secteur agricole demeure au cœur des stratégies nationales de développement. C’est dans cette dynamique et avec l’espoir d’ouvrir de nouvelles perspectives pour une agriculture plus performante, que s’est tenu, le mardi 16 décembre 2025 à l’hôtel Bénin Royal de Cotonou, l’atelier de validation du rapport d’évaluation finale du Plan stratégique de développement du secteur agricole (PSDSA 2017-2025). La rencontre a réuni les principaux acteurs du monde agricole, des partenaires techniques et financiers ainsi que des consultants nationaux.
Depuis l’indépendance du Bénin en 1960, les stratégies de développement économique mises en œuvre par les différents régimes ont constamment placé le secteur agricole au premier rang des options retenues. Pour Gaston Dossouhoui, ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, cette orientation se justifie par le rôle central que joue l’agriculture dans la croissance économique et la création de richesses. « En effet, le secteur agricole béninois a contribué, en moyenne sur la période 2017-2024, pour 27,2 % à la formation du produit intérieur brut et pour 73,2 % aux recettes d’exportation du Bénin », a-t-il rappelé. Toutefois, en dépit de cette contribution majeure, le secteur faisait face à de nombreux défis structurels.

Selon le ministre, il s’agissait notamment d’un niveau encore faible de productivité et de production agricoles, d’un environnement peu favorable à la structuration et au développement des chaînes de valeur, d’une faible capacité de résilience des populations vulnérables face aux effets des changements climatiques, ainsi que d’insuffisances en matière de gouvernance du secteur. À cela s’ajoutaient une sécurité alimentaire et nutritionnelle encore fragile et un financement inadéquat, peu accessible aux différents types d’exploitations agricoles et aux catégories d’acteurs des filières.
C’est pour corriger ces insuffisances et impulser une transformation structurelle du secteur que le gouvernement a mis en place, en 2017, le Plan stratégique de développement du secteur agricole, avec pour ambition d’atteindre un taux de croissance agricole d’au moins 6 %, conformément aux recommandations de l’Union africaine et aux Objectifs de développement durable (ODD).
Le PSDSA, une boussole stratégique pour la profession agricole
Au cours de son intervention, le président de la Chambre nationale d’agriculture du Bénin (CNAB), Hermann Imali Djetta, a salué le rôle structurant du PSDSA, qu’il a qualifié de véritable « boussole stratégique ». Selon lui, ce cadre a permis de fédérer les interventions des différents acteurs, d’assurer la cohérence des politiques publiques et de renforcer le dialogue entre l’État, le secteur privé, les organisations professionnelles agricoles et les partenaires techniques et financiers. Présentant l’évaluation finale validée lors de l’atelier comme un exercice de reddition de comptes et de « lucidité collective », il a insisté sur la nécessité d’examiner objectivement le chemin parcouru, les progrès accomplis, les insuffisances persistantes et d’en tirer les enseignements pour ajuster les politiques.

Une évaluation participative pour orienter les politiques futures
La présentation du rapport d’évaluation finale a été assurée par le professeur Albert Honlonkou, qui a mis en lumière une méthodologie participative et inclusive. L’évaluation s’est appuyée sur une matrice de onze critères, couvrant notamment la pertinence, la cohérence, l’efficacité, l’intégration du genre, la gouvernance, l’environnement et la durabilité des actions menées dans le cadre du PSDSA. Cette présentation a été suivie d’un débat général enrichissant, au cours duquel les participants ont formulé des recommandations visant à renforcer l’impact des stratégies mises en œuvre, à corriger les lacunes identifiées et à orienter les politiques agricoles futures vers plus d’inclusivité, de résilience et de durabilité.
Au terme des travaux, la validation collective du rapport a marqué une étape importante, à la fois en matière de reddition de comptes et de capitalisation des expériences. Se projetant vers l’avenir, les acteurs ont plaidé pour que la prochaine génération de politiques agricoles capitalise les acquis du PSDSA, tout en intégrant davantage une approche filière orientée vers le marché, la gestion des risques agricoles et climatiques, l’innovation, la digitalisation et le renforcement du conseil agricole de proximité, au bénéfice des producteurs
LIRE AUSSI Bénin : La revue de la gestion 2024 du secteur agricole en cours à Cotonou



