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Santé animale : la CEDEAO renforce la surveillance des maladies transfrontalières

La 11e réunion annuelle des réseaux régionaux de santé animale (RAHN) s’est ouverte ce 6 octobre 2026 à Lomé, au Togo. Pendant trois jours, responsables des services vétérinaires, spécialistes des laboratoires, acteurs de la surveillance épidémiologique et partenaires techniques et financiers examinent les moyens de renforcer la surveillance et le contrôle des maladies animales transfrontalières dans l’espace CEDEAO.

En Afrique de l’Ouest, l’élevage constitue une source de revenus, d’emplois, d’alimentation et de sécurité financière pour des millions de ménages. Elle contribue jusqu’à 6,73% du Produit Intérieur Brut (PIB) du Togo.  Mais cet actif régional reste exposé à plusieurs maladies animales, dont la peste des petits ruminants (PPR), la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB), la fièvre aphteuse, l’influenza aviaire hautement pathogène et la rage. Ces maladies ne s’arrêtent pas aux frontières administratives. La mobilité du bétail, les échanges commerciaux et les déplacements le long des couloirs pastoraux peuvent favoriser la circulation des agents pathogènes entre plusieurs pays. C’est l’un des principaux enjeux au cœur de la 11e réunion annuelle des réseaux régionaux de santé animale.

Pour Konlani Djondiègue, directeur de cabinet du ministère togolais de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, la mobilité des animaux et l’intensification des échanges constituent à la fois des facteurs d’intégration et une vulnérabilité sanitaire. « La mobilité des animaux et l’intensification des échanges qui devraient être source de richesse et d’intégration régionale constituent malheureusement une vulnérabilité partagée à travers le transfert transfrontalier de pathogènes », a-t-il déclaré. Face à ces risques, « aucun pays ne peut y parvenir seul », a-t-il ajouté.

Renforcer la surveillance dès le terrain

La réunion doit permettre d’établir un état des lieux de la situation épidémiologique régionale et de renforcer la coordination entre les dispositifs nationaux. L’enjeu dépasse toutefois la seule coopération entre États. Une surveillance régionale efficace dépend aussi de la capacité de chaque pays à détecter rapidement les foyers, notifier les cas, réaliser les prélèvements et disposer de laboratoires opérationnels. Pour Emily Dewey Gray, représentante résidente de la CEDEAO au Togo, les travaux doivent notamment permettre « d’élaborer des recommandations ainsi qu’une feuille de route régionale visant à renforcer la surveillance sanitaire animale ».

Le directeur exécutif du Centre régional de santé animale (CRSA) de la CEDEAO, Dr Brice Lafia, insiste également sur la nécessité d’harmoniser davantage les politiques et les interventions des États. Dans un espace où les systèmes de production, les marchés et les mouvements de bétail dépassent les frontières nationales, les dispositifs de surveillance doivent pouvoir fonctionner de manière coordonnée. Cette coordination passe aussi par le partage des données. Le Système régional d’information en santé animale (SRISA) constitue à ce titre un outil important. La plateforme électronique doit faciliter la collecte, l’analyse et la circulation des informations sanitaires entre services vétérinaires, laboratoires et décideurs. L’objectif est de réduire les délais entre la détection d’un événement sanitaire et la prise de décision.

Pour les acteurs régionaux, le renforcement de la santé animale nécessite également des investissements durables. Les besoins concernent notamment les systèmes de surveillance, la vaccination, la chaîne du froid, le diagnostic, les laboratoires, les systèmes de données et le renforcement des compétences.

Les travaux de Lomé devront finalement déboucher sur des recommandations opérationnelles. Une session ministérielle est prévue le 8 octobre pour examiner et valider plusieurs orientations stratégiques régionales, notamment celles relatives à la prévention et au contrôle de la fièvre aphteuse et de l’influenza aviaire à l’horizon 2030.

Auriol HOUDEGBE

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