Face aux défis du changement climatique et aux maladies animales, le Burkina Faso lance une campagne d’insémination artificielle et de vaccination du cheptel. Objectif : renforcer la santé animale, améliorer la productivité du cheptel. La cérémonie de lancement s’est tenue dans le village de Bendatoega, dans la commune rurale de Pabré.
Au Burkina Faso, le changement climatique affecte gravement l’élevage et la croissance du cheptel. À cela s’ajoutent des maladies comme la fièvre aphteuse, qui empêchent les éleveurs de bénéficier pleinement de leur travail. Conséquence : c’est l’économie nationale qui en pâtit partiellement. Face à cet état de choses, le gouvernement, à travers le ministère en charge de l’Agriculture et des Ressources animales, redouble d’ardeur par des initiatives et des moyens pour essayer de remonter le niveau du cheptel. Et accompagner, par la même occasion, les éleveurs dans leurs activités quotidiennes. C’est dans ce cadre que s’inscrit la campagne d’insémination artificielle et de vaccination du cheptel.
Cette campagne a été placée sous la présidence du ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié. Pour lui, l’objectif visé est double : « améliorer l’accès aux soins pour notre cheptel, mais également améliorer la qualité génétique de notre cheptel », a fait savoir le ministre. Selon lui, il est crucial pour le gouvernement d’investir dans ce secteur « important pour notre pays ». L’initiative permet aux bénéficiaires d’anticiper sur la survenue des maladies qui touchent le bétail.
Des ambitions renforcées avec une nouveauté de taille : l’insémination porcine désormais intégrée
Contrairement aux années antérieures, l’ambition de cette nouvelle campagne est élevée. Des fonds ont été mobilisés pour l’acquisition de 300 000 doses de vaccins. Il y a également la mise à disposition de matériel d’intervention pour la Direction générale des Services vétérinaires (DGSV) et le Centre de promotion de l’aviculture et de la multiplication des animaux performants. Ces deux structures gèrent la campagne lancée.
Il y a aussi des équipements pour la chaîne de froid qui permettent de conserver les doses de vaccins. Objectif : garder intactes, sans contamination, les doses destinées aux troupeaux. « Pour cette campagne de vaccination, il est prévu la vaccination de 100 000 têtes de bovins, comparativement aux années précédentes où nous tournions autour de 3 000 têtes de bovins vaccinées. Il y a une amélioration en termes d’acquisition, en termes d’efforts consentis par les plus hautes autorités », a précisé le Capitaine Vétérinaire Aboubabacar Nacro, Directeur général des Services vétérinaires (DGSV).
D’un autre côté, 15 000 vaches et 2 000 truies seront inséminées. L’insémination bovine, qui coûtait 50 000 FCFA, est désormais à 5 000 FCFA. Même tarif pour celle des porcins, auparavant à 45 000 FCFA. Le Burkina Faso franchit ainsi un nouveau cap avec l’implication des porcins dans la campagne.
« L’introduction de l’espèce porcine est une innovation majeure cette année, car elle contribue véritablement à la production de viande et c’est un élevage à cycle court. Ce qui permet de mettre à la disposition des populations de la viande rapidement et de bonne qualité », a déclaré Ardiouma Sirima, directeur général du Centre de promotion de l’aviculture et de multiplication des animaux performants.
Il a précisé que l’autre innovation réside dans le fait que l’insémination devient permanente, alors qu’elle s’effectuait auparavant de manière saisonnière. Il a ajouté que l’imagerie médicale a été introduite, facilitant ainsi les tests diagnostiques, contrairement aux années précédentes où ces tests se faisaient par palpation.
Un appel à l’engagement de tous les acteurs
Au cours du lancement officiel de la campagne, le ministre a lancé un appel aux acteurs impliqués pour qu’ils puissent véritablement jouer leur rôle dans l’amélioration de la productivité animale et, par conséquent, de la sécurité alimentaire. « Il est temps que les agents puissent bien sûr rentrer dans le cadre de ces objectifs pour nous permettre d’accompagner le secteur de l’élevage et avoir un secteur beaucoup plus résilient et beaucoup plus contributif à l’économie du Burkina Faso », a rappelé le Commandant Ismaël Sombié. En mobilisant ressources et innovations, le Burkina Faso se donne les moyens de relever les défis sanitaires et climatiques qui pèsent sur son élevage.
LIRE AUSSI La résistance parasitaire : la bête noire des élevages en Afrique de l’Ouest



