
Face à la problématique sans cesse grandissante de la disponibilité et de la performance des semences dans un monde fortement menacé par les changements climatiques et la faim, les acteurs de la chaine de valeur semencière se sont donnés rendez-vous à Istanbul en Turquie du 19 au 21 mai 2025. Depuis ce lundi, plus de 1600 délégués ont pris d’assaut le centre international de conférence d’Istanbul pour débattre des défis urgents en matière d’innovation dans le domaine de la sélection végétale, du mouvement des semences, des systèmes alimentaires et de l’agriculture durable.
Placé sous le thème « à la découverte d’horizons audacieux », ce rendez-vous incontournable pour les semenciers du monde entier, offre une tribune exceptionnelle à ces derniers afin de faire entendre leur voix par leurs pairs et les décideurs politiques. En effet, parmi les questions clés abordée cette année figure l’impact de l’agitation mondiale actuelle dans le domaine de la politique et des accords commerciaux, qui pourrait perturber la circulation et l’approvisionnement en semences au niveau international, menaçant ainsi la sécurité alimentaire mondiale dans les années à venir.

Pour Arthur Santosh Attavar, président de la fédération internationale des semences (ISF), le commerce international des semences joue un rôle crucial dans la stabilité des systèmes alimentaires à l’échelle mondiale. « Le secteur des semences se nourrit d’échanges et de connexions, mais aujourd’hui, les barrières commerciales telles que les tarifs douaniers représentent un défi majeur pour toutes les entreprises semencières au niveau mondial, en plus d’un paysage réglementaire et de systèmes commerciaux déjà très fragmentés. » a martelé monsieur Santosh Attavar.
Dans un élan protectionniste ou par soucis de sécurité sanitaire des aliments, plusieurs pays font évoluer les règlementations phytosanitaires, les réglementations sur l’innovation en matière de sélection végétale, telles que celles liées à l’utilisation de l’édition du génome, et les lois sur la protection de la propriété intellectuelle pour mettre de nouvelles variétés sur le marché et transporter des semences dans le monde entier.
Face à cet environnement en constante mutation, les entreprises semencières ont du mal à se retrouver et à consentir à de grands investissements. Tout ceci sera débattu au cours des trois jours de congrès appuyé par une exposition au cours de laquelle, les semenciers iront à l’assaut de nouveaux marchés notamment le marché africain.
André TOKPON




