En quête d’une plus grande autonomie en produits halieutiques, le Zimbabwe a lancé, Mardi 24 mars 2026, une stratégie sur cinq ans dédiée au développement de l’aquaculture et à l’organisation du marché du tilapia.
Estimé à plus de 5 millions de dollars, ce projet couvrant la période 2026-2030 vise à réduire un déficit national de plus de 24 000 tonnes de poisson, tout en positionnant le tilapia d’élevage comme une source majeure de protéines locales. Dans un contexte où la demande nationale atteint environ 60 000 tonnes par an, contre une production locale estimée à 35 000 tonnes, le pays reste dépendant des importations pour combler le déficit. À plus long terme, les autorités ambitionnent de porter la production de tilapia à 14 000 tonnes d’ici 2032.
Portée par l’Agricultural Marketing Authority, avec l’appui technique de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture dans le cadre du programme FISH4ACP, l’initiative bénéficie du financement de l’Union européenne et du ministère fédéral allemand de la Coopération économique (BMZ). La stratégie prévoit un déploiement progressif d’infrastructures, notamment la mise en place de centres de regroupement et le renforcement de la chaîne du froid, incluant l’unité frigorifique de Mutare. Elle mise également sur la normalisation des emballages, la traçabilité des produits et le développement de produits à plus forte valeur ajoutée. Le plan entend également lever plusieurs contraintes structurelles, notamment l’accès limité aux alevins de qualité, aux aliments pour poissons et aux bonnes pratiques aquacoles, tout en améliorant la coordination entre les acteurs.
« L’aquaculture n’est plus perçue comme une activité secondaire. Elle est désormais un pilier de l’industrialisation rurale et de la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes », a affirmé Davis Marapira, vice-ministre de l’Agriculture, insistant sur le rôle stratégique du secteur à l’occasion du lancement. De son côté, la directrice générale de l’AMA, Alice Mapfiza, souligne que la stratégie s’appuie sur une analyse approfondie du secteur. « Elle répond aux principales contraintes de la chaîne de valeur, notamment l’accès aux intrants, les insuffisances logistiques et le manque de coordination entre les acteurs », a-t-elle précisé.
Dans cette dynamique, Milton Tinashe Makumbe, directeur du Département de la production animale et halieutique, estime que cette stratégie devrait permettre de mieux positionner l’aquaculture sur le marché local, encore largement dominé par les pêches continentales et les importations.
En outre, les autorités entendent faire de cette réforme un levier de souveraineté alimentaire, en soutenant la transformation locale du poisson, en améliorant la compétitivité des producteurs et en structurant davantage les circuits de commercialisation sur le marché intérieur.
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