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Dakar +10 : Un forum pour l’accélération de l’irrigation au Sahel

Du 7 au 11 avril, le Sénégal abrite le Forum de Haut Niveau sur l’Irrigation, dénommé « Dakar +10 », au Centre de Conférences International Abdou Diouf de Diamnialo. Au cours de cette rencontre, les acteurs vont relancer la dynamique post-déclaration de Dakar (2013), valider une nouvelle stratégie régionale et accélérer l’irrigation au Sahel. C’est un rendez-vous crucial pour la souveraineté alimentaire à travers l’irrigation et la maîtrise de l’eau dans la sous-région.

La République du Sénégal, le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), en partenariat avec la Banque Mondiale, organisent pendant cinq jours une rencontre sur la thématique « Forum de Haut Niveau sur l’Irrigation au Sahel : renforcer l’irrigation pour la résilience aux changements climatiques ». Au programme : bilan des acquis de la Déclaration de Dakar de 2013, validation d’une nouvelle stratégie régionale, adoption d’une nouvelle déclaration, et accélération de l’irrigation au Sahel, avec des visites de terrain et une foire d’exposition.

Sont mobilisées pour Dakar +10, les organisations de producteurs, les partenaires techniques et financiers, la société civile, et le secteur privé, qui vont repenser des systèmes d’irrigation résilients et durables face aux différentes crises climatiques et sécuritaires. L’un des discours ayant marqué le début des échanges a été celui du ministre sénégalais de l’agriculture, Dr Mabouba Diagne.

Renforcer l’irrigation, clé de la sécurité alimentaire et du développement durable

Dakar +10
Le ministre sénégalais de l’agriculture; Dr Mabouba Diagne

Comme l’a souligné Dr Mabouba Diagne, les pays du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad, réunis à Dakar le 31 octobre 2013, lors d’une conférence sur l’irrigation au Sahel, avaient adopté une déclaration commune, connue sous le nom de Déclaration de Dakar. L’objectif était de coordonner les efforts en matière d’agriculture irriguée en adoptant une approche participative systématique, visant à résoudre les problèmes et à favoriser le développement par des solutions pratiques. Selon le ministre, les objectifs n’ont pas été atteints et l’Afrique importe plus de 100 milliards de dollars pour se nourrir, ce qui constitue un problème majeur pour le développement. Plus de 20 millions de tonnes de riz et de blés sont importées a précisé Dr Abdoulaye Mouhamadou, Secrétaire exécutif du CILSS et il est temps de changer les comportements.

« Si l’on mettait en place des fermes agro-écologiques, des coopératives agricoles communautaires de 200 hectares dans chacune des 525 communes rurales du pays [Sénégal, Ndlr], d’après les chiffres de la Banque Mondiale, pour aménager un hectare clé en main, y compris toutes les infrastructures, y compris l’irrigation, cela coûterait entre 10 et 14 millions. 525 communes rurales, une ferme agro-écologique de 200 hectares multipliée par 10 millions ne dépasse pas 1050 milliards de francs CFA, ce qui est en dessous du montant que nous dépensons [ soit 1070 milliards de francs CFA, Ndlr] chaque année sur les importations  », a souligné le ministre.

Aujourd’hui, la sécheresse est un véritable frein au développement de l’agriculture. Même l’élevage se trouve impacté par les aléas climatiques, et la souveraineté alimentaire se retrouve menacée. « La maîtrise de l’eau est devenue un impératif. Nous devons conjuguer nos efforts pour relever le défi d’une agriculture irriguée en expansion productive, durable, rentable, créatrice d’emplois, et assurer la sécurité alimentaire », a affirmé Dr Mabouba. Il a préconisé la coopération, le partage d’expérience, l’harmonisation des politiques agricoles et la mobilisation des financements internationaux pour faire face à tous les défis.

« Nous devons réussir Dakar +10. Nous devons dépasser l’étape où nous nous fixons des objectifs et trouvons des excuses pour dire qu’on ne les a pas atteints », a martelé Dr Mabouba. Le discours  du ministre sénégalais est un appel à la responsabilité collective des acteurs régionaux, à une mobilisation sans faille pour faire face aux défis actuels et à la nécessité de tenir les engagements pris, en particulier ceux de la Déclaration de Dakar de 2013. La deuxième journée du forum aborde le financement durable de l’irrigation.

Auriol HOUDEGBE

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